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Tome cinquieme.
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LES ÉCOLES MILITAIRES.

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ÉCOLE DE METZ.

Vers la fin de l’année, Ernest Borcl part pour Metz avec une quarantaine de co-sous-lieutenants. Us s’en vont tout joyeux, égayant les diligences de leurs saillies,sablant le champagne d’Épernay , traitant les conducteurs et les postillons, semai) 1sur la route cette verdeur de jeunesse, cette surabondance de vie, ces trésors d’i»'soucieuse gaieté qu’on perd si vite et qu’on oublie si lentement. A quelque distancede Metz , nos voyageurs aperçoivent a l’horizon une caravane de voitures, de pa-taches, de charrettes traînées par des bœufs : ce sont les anciens qui viennent au-devant des nouveaux. Ils ne sont pas étrangers les uns aux autres; les premiersont quitté la royale quand les seconds y débutaient. De cordiales accolades sontéchangées ; des reconnaissances plus ou moins dramatiques touchent et réjouissentles assistants. « Comment ça va-t-il? — Te voila donc? Une poignée de main, monvieux ! » Ernest y retrouve un sien binôme, un ami intime, qui se charge de I epiloter dans sa nouvelle condition. Les conscrits descendent de diligence; c’est aqui en conduira le plus à sa suite ; ils s’installent a côté des anciens dans les véhi-cules amenés de Metz . Ernest, qui n’a pu s’y placer, s’assied bravement sur un bœuf,dont il presse la marche en servant de son épée en guise d’ardillon.

On arrive a Moulins , petit village qu’habitèrent Fabert et madame de Sévigne;mais il est un personnage vivant plus intéressant pour les sous-lieutenants élèvesque ces illustres défunts: c’est la mère Husson, respectable hôtelière, au logis d elaquelle le cortège fait halte pour une bilure générale. Notre héros achève, le verreà la main, de renouveler connaissance avec son binôme, Théophile Barroyer, eltous deux sont légèrement animés quand ils sortent de l’établissement de la mèreHusson.

A la brune, on entre triomphalement dans la ville de Melz, par la porte d eFrance. « Va t’habiller, dit l’ancien, et reviens me rejoindre il ma pension, pl aceNapoléon. » Ernest secoue a la hâte la poussière du chemin, et court au restaurant indiqué. Il trouve l’escalier illuminé, la table somptueusement servie, uusurtout doré au milieu, des fleurs aux quatre coins de la salle, et s’aperçoit avecsatisfaction que la biture du matin ne lui a pas ôté l’appétit.

« Allons prendre la demi-tasse au Heaume, lui dit l’ancien après un festin P r °longé : le Heaume est le plus beau café de Metz... Quatre magnifiques billards!n’a de rival que le Parisien, où je te mènerai ce soir, pendant un enlr’acte. b®sont les seuls cafés que nous honorions de notre présence, et nous laissonscafé Cornet aux commis voyageurs. Pas accéléré! En route par la rue des Clercs- ”

Au café du Heaume , quelle file de demi-tasses! quelles causeries animées! LejoyeU*vacarme qui s’v fait dans les deux salles s’entend jusque sur l’esplanade. Le P 0 *-’^sert de tribune à plus d’un orateur dont les fumées du repas surexcitent l’oloqu e1ice 'Une voix s’élève : « Au théâtre! » et les deux promotions, bras dessus, bras desso» 5 >