Band 
Tome cinquieme.
Seite
124
JPEG-Download
 

LES ECOLES MILITAI K ES.

•I2A

tomber le sceptre, sa doublure s’en empare et acquiert une grande prépondérance;dans le cas contraire, le second est annihilé.

« Cet homme que tu vois passer, dont le nez est serré par une paire de lunettes,et la vue protégée par une visière verte, est le chef d’escadron chargé de l’instruc-tion de l’artillerie; brave et honorable militaire, fanatique de la tenue, et qui pet'siste a préférer le Gribeauval au nouveau matériel.

« Nos professeurs appartiennent a l’armée, mais depuis longtemps affranchis duservice actif, ils ont pris des habitudes bourgeoises, et ne se soucient guère des’aller faire casser la tête, après avoir consacré tant de veilles a la meubler. D aplupart prennent femme parmi les héritières de Metz , et renoncent aux lointains ex-ploits pour cultiver tranquillement les théories militaires. »

Muni de ces instructions, Bore ! se met bravement a filer la coque scientifiqued’où il doit sortir lieutenant. Il ne tarde pas à reconnaître la vanité de ses ideesde plaisir, de ses projets d’amusement; enfermé par la discipline dans un cercledes plus étroits, il ne peut le franchir qu’a de rares intervalles. Le sérieuses étudesabsorbent toute son attention; et comme la pratique y suit loujours la théorie,comme il apprend en même temps le métier d’officier et celui de soldat, il n’a q« epeu de loisirs. L’hiver il suit des cours d’application des sciences aux arts mililaires,aux constructions, aux fortifications, à la balistique; l’été, il se plie aux manœuvres,s’exerce au polygone, simule des attaques et des défenses, ou va lever des pl» nSaux environs de Metz . Ces levers à la planchette sont ce que ses travaux lui offre» 1de plus agréable. Les élèves sous-lieutenants se dispersent par groupes ; ils partent;le matin d’un beau jour de printemps, errent dans les champs fleuris qu’arrose l aMoselle , fraternisent avec les maires de village, folâtrent avec les jeunes paysannes,et rapportent a laSeille peu de travaux, mais de gais souvenirs.

Au terme de la carrière de l’élève sous-lieutenant de Metz , nous retrouvons,comme à l’école polytechnique , un rude temps de pioche, et un examen plus rudeencore. Si on ne lui reconnaissait pas la capacité suffisante, il aurait a racheter sanégligence par une année de nouveaux efforts; mais il est à croire que, péneti®de l’importance de l’épreuve, il se sera préparé à la subir, et portera bientôt I e *épaulettes de lieutenant.

E. DE LA BEDOLLIERRE.

ÉCOLE DE SAINT-CY R.

Depuis l’âge des premières impressions, jusqu’à celui où le calcul commence ;ls’introduire dans les décisions de la vie, le goût du militaire s’empare exclu siv,? 'ment du jeune homme. Il ne rêve que tambours battants, musique retentissant-uniformes resplcndissanls au soleil, chevaux qui piaffent et bondissent sousélégants cavaliers

Ici»*

les

Il est ébloui par un éclat trompeur. Pour quelques-uns,séduisantes images de ce prisme mensonger disparaissent avec l’analyse, mais p°*