LES ÉCOLES MILITAIRES. 423
le Plus grand nombre, l’illusion ne s’évanouit que lorsqu’ils ont courbé leur tôles °us le joug pesant de la servitude militaire, et rongé le mors dont l’acier étaitCi *ché sous les Heurs. De toutes les vocations, celle de l’état militaire est la plus ré-pandue parmi nous. Interrogeons nos souvenirs, plongeons notre regard dans celles °urce pure et limpide, où notre enfance se reflète'a nos yeux comme dans un miroir.Quels ont été nos premiers amusements? de nous organiser en bataillons pour com-
l»att;
de
re > armés de boules de neige ; dedéliler au Irot, 'a cheval sur un manche a balai;couvrir nos jeunes têtes d’une coiffure militaire, ou de nous attacher au sabre d’uns °ldat. Parmi les cadeaux sans nombre qui encombraient nos tables, le jour du pre-•üier de l’an d’agréable mémoire, lesquels préférions-nous? C’étaient certainementu°s tambours, nos trompettes et nos soldats de bois. Bien souvent nous avons prisPlaisir a les masser en colonne serrée ou 'a les allonger en Aies sur des baguettes,ouvrant et diminuant a volonté les angles de leurs articulations mobiles. Qui de"ousn’a pas passé plus de temps à disposer l’une contre l’autre son infanterie et sacavalerie de plomb, qu’à recomposer les quatre-vingt-six départements sur son jeue Patience? Enfants, nous avons appris bien des leçons avec ardeur, dans le seules poir d’obtenir un canon de cuivre, ou bien un cheval à bascule pour pouvoir,«cuyers naissants, chevaucher et dévorer l’espace par le mouvement accéléré de ses^dilations circulaires. Oui, pour l’enfance il existe un charme magique dans tout ce,r uitdu régiment. Les revues, les petites guerres, voilà ses spectacles de prédilection./ a musique militaire et les tambours, telle est l’harmonie qu’elle préfère. Souventces"^Pressions disparaissent avec le jeune âge, souvent aussi elles ont été tellement pro-n( les qu’elles lui survivent. Cette passion de l’enfant devient alors un ardenta, hour de jeune homme. Le goût pour l’état militaire se dessine franchement: la^cation est irrévocable. L’aurore de la vie ressemble à l’aurore du jour, tout y estcouleur de rose. L’existence militaire avec ses dangers et ses émotions apparaîtcouverte d’un manteau de poésie qui nous charme. L’on s’élance dans la carrièrec°U)me le chevalier dans le tournoi, sans savoir si dans le combat l’on rencontreraP ap mes discourtoises, et si la coupe dont on savoure le miel ne renferme pas dea hsinthe. Mais faisons trêve à des réflexions qui pourraient devenir amères, et sui-°Os les débuts du jeune homme qui entre dans l’armée en passant par la rude é(a-,l *me de l’école militaire.
. Chaque année, les élèves admis par voie de concours à l’école de Saint-Cyr ar-
Dveni
^Versailles sont constamment pleines: c’est une allée et venue continuelle de futursI ciers. Collégiens, fasliionables des boulevards, enfants timides et naïfs, sortis pourses >reill 'k ,e *°' s c * e ' eur province, et ouvrant de grands yeux à la vue de Paris et deI Iïle rveilles, tous sont destinés aux mêmes jouissances et aux mêmes peines,de"! Ms accompagne. Là, ce sont des mères dont le cœur se brise à l’idée
do' 3 ^haralion ot des vexations de la brimade; de vieux pères à moustaches, quif il| nnenl à leurs jeunes lils des conseils fondés sur une longue expérience ; des jeunes° s 'lui senent la main de leurs frères, et soutiennent leur courage par de douces
Paroi
rs. Anges de consolation, qui, sdus une frêle enveloppe, cachenl une âme tou-