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Tome cinquieme.
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LU G ARDU NATIONAL.

« Lo maire l’invite h s’adresser au capitaine darmemenl de la compagnie P 11111« avoir un fusil et un sabre. Il devra également se procurer, dans le plus bref défi".« l’uniforme prescrit par les ordonnances royales.

« Il recevra sous peu de jours son premier billet de garde.

« Le maire. »

ne» 1

Une sueur froide me sortit par tous les pores à la lecture de ce billet. Je rapp 01 'tais, en effet, de mon département une antipathie profonde pour la garde natio-nale, que je ne connaissais cependant encore que de vue; et j’avais ri, en outre,de bon cœur, aux bouffonneries piquantes dont elle ne cessait alors de fournir losujet a la caricature parisienne, espérant bien n’êlre jamais jugé digne, commedisait feu M. Mayeux, de marcher avec. Il s’agissait d’ailleurs de faire sur-le-chamPla dépense d’un coûteux uniforme, et de commencer mon service à l’époque la p llisrigoureuse de l’année; enfin j’étais classé dans les voltigeurs, moi qu’une natureingrate avait doué d’une précoce obésité, et qui pressentais tout ce que le bonne!a poil devait donner de relief il cette infirmité.

A l’abatlement succéda d’abord la colère ; je résolus de résister h l’avertisseniedu maire, et de ne céder qu’à la dernière extrémité. La nuit ayant porté conseil)j’inclinai vers les voies diplomatiques, et je m’informai avec soin des mo5’ eDSdilatoires que les récalcitrants peuvent opposer aux décisions des conseils de re-censement.

Par suite des avis qui me furent donnés, j’adoptai les deux mesures suivantes ;

1° Je produisis devant le conseil un certificat de mon médecin, qui m’attribua' 1pour le moins trois maladies chroniques. Malheureusement mon certificat fut dé 'menti par le rapport du chirurgien-major de la légion, délégué par le conseil P 0111en constater la sincérité.

2° J’offris de justifier de mon inscription sur les contrôles de ma ville natal* 3(et je m’étais entendu à cet effet avec le maire), où j’annonçais l’intention < ,eretourner prochainement. Mais il me fut répondu que mon domicile réel était 8 "lieu de mon établissement commercial.

Ces deux premiers moyens ayant été repoussés, j’avisai à effrayer le conseil par 1

une

démonstration anarchique. Invité à venir m’expliquer devant lui, je me rendssalle des séances dans le costume républicain de rigueur : le chapeau conique ^ ^d’une large ganse tombant sur l’épaule, le gilet rouge à revers, la cravateplis flottants.

orneblanche ■

« Messieurs, m’écriai-je à l’appel de mon nom, vous avez raison de vouloir m *"scrire sur vos contrôles, et me faire cadeau d’un fusil; je ne pouvais pas t" 1 * 3 "*désirer. J’avais cru m’apercevoir que l’on fermait les rangs de la garde nationa^l’opinion à laquelle j’appartiens, c’était une erreur; je vois que vous praliq l,cZ