Band 
Tome cinquieme.
Seite
176
JPEG-Download
 

I"<) LK CAKDK NATIONAL.

.l'étais sur le seuil de nia porte quand le billet hors de tour nie lut remis par I etambour. Au moment où

• L’oreille basse, et rêveur,

J’en parcourais la teneur,

un monsieur portant pantalon d’uniforme vint me demander si je n’étais pas pi"'hasard M. D***. Sur ma réponse affirmative, l’inconnu me rit au nez sans façon, pi-rouetta sur ses talons et disparut. J’allais courir après lui pour demander l’expli-cation de cet étrange procédé, lorsque je le visse dérober par l’allée de la maisonque j’habitais. Cet incident n’eut pas de suite pour le moment.

Le billet liors de tour m’avait confirmé dans ma résolution de résister jusqu’à"bout aux tyranniques exigences du maire et du conseil de recensement; je je""donc au feu ledit billet et me tins coi.

Une semaine s’écoula pendant laquelle mes ennemis ne firent aucun mouve-ment. Je triomphais; le champ de bataille m’était resté... Pure illusion! Le lu"d'suivant, un garde municipal jetait fièrement sur mon comptoir une citalion devant leconseil de discipline du bataillon. « Je n’irai pas, m’écriai-je a haute voix, je n’ii’" 1pas; ils me condamneront par défaut. » lin ce moment un bruyant éclat de rire se f"entendre près de moi ; je levai les yeux et reconnus le mystérieux personnage do" 1j’avais déj'a, une fois, subi l’insolent persiflage. Je courus à lui, mais vainement;il venait encore de faire retraite, avec l’agilité d’un clown, par l’allée de la maison-

Kesté seul en présence de ma cilation, je me pris à réfléchir; et comme monsecond mouvement est toujours bon, il me vint une foule de pensées raisonnablessur les conséquences probables de la lutte que je me proposais de soutenir contrela garde nationale ; je parvins même à comprendre que cette lutte pouvait bien avoiïquelque chose d’héroïque, mais qu’en dernier résultat je serais inévitablementvictime d’un combat trop inégal. Celte considération me frappa si vivement, que 3 erésolus de me rendre au conseil de discipline, et de faire un appel à l’indulgencede mes juges, en leur promettant, avec un repentir sincère, un service exact p° ull’avenir.

Le surlendemain, j’étais à l’audience. Des que mon nom fut appelé, un mouve-ment se fit parmi mes juges, et je vis le capitaine rapporteur échanger des regardsd’intelligence avec le chef de bataillon president. J’avais, en venant, préparé uneallocution pleine de componclion et de bons vouloirs, par laquelle je me proposaisd’attendrir le tribunal ; mais dès que je crus pouvoir interpréter comme des marq" eSd’hostilité les signes dont j’étais l’objet, j’oubliai mon discours, laissant aux éve"tualités de l’interrogatoire le soin de m’inspirer convenablement. Dès les preini el ’ s ’mots du président, je vis clairement qu’il y avait chez mes juges un parti pi'is for 'midable sur ma culpabilité, et que toute tentative sur leur fibre sensible serait pc'" eperdue. Mes dispositions changèrent alors subitement, et ne pouvant conjuréune condamnation, je voulus la mériter par une thèse anarchique sur la valeur a"point de vue social el politique de l’inslilulion de la garde nationale. Je leur dis. c"