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conséquence, quej’étais garde national récalcitrant; primo, parce qu’en bon citoyen,I e devais détester une milice dont l’existence était une brèche au principe de l’éga-*' f é, fondement de notre constitution; qu’en effet, par suite du système d’épurationappliqué à la formation de cette milice, les propriétaires, les marchands, les rentiers,en <m mot, ceux-là seuls qui possédaient étaient admis à composer ses rangs, c’esl-à-'^ re que la garde nationale n’était autre chose que l’organisation armée de la pro-P ri été contre le prolétariat; secundo, parce que le principe constitutif de cette milice lanie Uait nécessairement à la disposition du pouvoir, tuteur-né des intérêts de la pro-Pnétéet du commerce, et ennemi secret, parce qu’il les redoute, des classes ouvrières,et que celte union solidaire du pouvoir et de la milice devait encourager le premier^ a us ses tendances rétrogrades. Je terminai à cet égard en leur demandant s’ils pen-saie ut que la révolution de 1850 se fût faite, dans le cas où la garde nationale eûtc °nservé à cette époque une existence active... « Non, m’écriai-je, elle fût inlerve-llUe , comme on dit, au prolit de l’ordre, c’esL-a-dire, de la contre-révolution, et' ,u Jourd’hui la France eût perdu le fruit d’un demi-siècle de luttes politiques. »Sans m’effrayer des marques d’étonnement et même d’indignation de l’aréopage,■* e Poursuivis le cours de mon improvisation, en passant de la question politique à laquestion économique. « Je suis garde national récalcitrant, leur dis-je encore; tertio,Parce que l’institution est une ruine pour la fortune publique, et en effet, si vousSu Pposez que les registres matricules soient régulièrement tenus dans le royaume,v «us devrez admettre que cinq millions de citoyens y sont admis et font un serviceactif. Or, le service individuel est de vingt-quatre heures ; sur ce chiffre, en accordantlItle moyenne de neuf heures de sommeil à chaque homme, il reste quinze heures( le veille, quinze heures actives, quinze heuresde travail qui s’écoulent dans l’oisiveté0| digé e du corps de garde. Tout citoyen montant environ six gardes par année,e Sales à quatre-vingt-dix heures ou six journées de travail, pour cinq millions1 hommes, la perte annuelle sera de trente millions de journées de travail. Main-h-Oant, en évaluant, en moyenne, à 2 francs le prix de la journée de travail, vousari ‘iverez à une perte définitive de 60,000,000 au préjudice du pays. Je ne vousPilerai pas d’ailleurs de l’impôt énorme que l’institution nous impose, en rendant"hligatoire un uniforme coûteux, qu’il faut incessamment réparer, assez souvent re-n °Uveler ; j’omets également les frais d’entretien de l’armement et de l’équipement. »Codant mon discours, que l’auditoire d’abord ébahi accueillit ensuite par des'^ornuires d’approbation, le président avait rédigé le jugement, et sa seule réponsef (| . nia condamnation au maximum de la peine : deux jours de prison. Je sortis,le ux et jurant de me venger.
he jugement me fut signifié dans les trois jours, avec l’ordre de me constituerI r * s °nnier. Je ne bougeai pas.
à L Cette c| )0l l ue > j’étais très-vivement préoccupé d’un projet de mariage qui était'eille de s’accomplir. En effet, peu de jours après la mémorable audience due dde discipline, j’allumais les flambeaux d’hyménée. On le comprendra sans
f^diie, ' a i’ a pp roc ] 10 c j> lln s j g rave événement, je devais oublier la garde nationaleSes ^Preuves, pour ne songer qu’au 'grand changement qui allait s’accomplir dansv. 25