LE GARDE NATIONAL.
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a 2 liards la fiche. Il n’est pas inutile de dire que sous la restauration il se moquaitUe la calotte, et racontait fort agréablement les amours de certain prélat avec unea bguste princesse. Un dernier trait il sa silhouette : il est détesté par le grand Ta-•berlan, qui lui reproche depuis dix ans de porter l’uniforme de son grand-père.
« Après ces deux types dominants, les colonnes de l’institution, je pourrais vous enbassiner quelques autres de moindre importance, sans doute, mais ayant aussi leurv aleur. Tenez, voyez-vous le camarade qui montre des échantillons assortis? C’estgarde national industriel. Il est commissionnaire pour toute sorte de marchan-dises, il dégage les prêts du mont-de-piété , et n’a que des marchés d’or à vous of-U'U', 50 pour 100 de rabais et premier choix. Bien mieux ! il ne veut pas de votrear gent, non ; donnez-lui votre papier, il prendra tout votre papier, son crédit sur laPlace de Paris lui permettant de vous accorder toute facilité. Rien ne lui coûte, duPes te, pour amorcer, comme il dit, le chaland, et vous le verrez à chaque gardeégaler sa clientèle de bière et de cigares.
(l Sous l’uniforme se cachent encore d’autres faiseurs habiles, tels que l’ami dés-mtéressé des sociétés industrielles, qui distribue les prospectus et place les actions ;'agent d’affaires chargé de la spécialité des recouvrements inespérés et l’ami de tous' es gardes du commerce; le prêteur sur nantissement, le médecin inventeur d’un,e niède plus ou moins secret, l’avocat sorti vainqueur de cent procès qui n’ontjamaisexi sté, etc., etc., etc. »
Un nouvel interrupteur vint suspendre le cours des disquisitions critiques duSer gent; c’était le caporal, qui se prétendit chargé par la compagnie de me lémoi-
' 5nei> tout le plaisir qu elle éprouvait a me posséder, et finit par me demander lac °tisation de 10 francs que chaque membre s’était imposée au prolit du fonds com-03(111 destiné à assurer une haute paye aux tambours et à faire face à d’autres dé-fenses d’une utilité générale. Un refus était impossible, je donnai mes 10 francs;
® la 't tout ce que ma femme m’avait remis le matin. J’en fis l’aveu au sergent, qui111 avança une somme égale. A cinq heures, j’obtins la permission d’aller dînerauInstaurant, mais h la condition expresse de garder sur mon frac noir mes indignesbilleteries (on punissait encore en moi le biset ). Le dîner fut détestable et fort cher,J e revins l’âme navrée. Dans la journée, le capitaine ayant laissé par degrés dégarnire Poste par des permis de quitter qu’il n’avait pu refuser, le brave homme! saP r °fession de marchand de vin l’obligeant a la plus grande tolérance, je dus monterI Ux factions supplémentaires. Le soir, harassé de fatigue et d’ennui, je me jetai sure Ut de camp, et je m’étais endormi à grand’peine malgré le bruit étourdissant des^Oversaiions, l’odeur nauséabonde du tabac et les ronflements des camarades,rs qu”a minuit je fus réveillé en sursaut par le caporal. J’étais désigné pour laP a t< ouille ! — O garde nationale! si j’avais pu tenir en ce moment les législateurst ont décrétée, et comme Gulliver a Lilliput, les réunir dans ma main, je crois'••nient que... Mais toute réflexion était inutile, il fallait marcher. Pour comble•bailleur, il tombait une pluie fine et serrée qui perçait jusqu’aux os.
^Ucun incident ne sembla d’abord devoir signaler notre ronde; nous songionsn, e déjà à reprendre le chemin du poste, lorsqu’en traversant une ruelle obscure.