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Tome cinquieme.
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LE GARDE NATIONAL.

de

des cris : Au meurtre! a l’assassin! partent d’une maison voisine; nous montons agrand’peine par un escalier sombre et tortueux, et arrivons au pied delà chambred où partaient les cris. Au bruit de nos pas, des meubles sont, en toute bâte, pousséscontre la porte, et une voix nous crie que le premier qui pénétrera sera éventré sanspitié. Le caporal, sans s’effrayer, nous donne l’ordre d’enfoncer la porte, ce q l,iest fait en une minute. Obligé, par la place que j’occupais, d’entrer le premier, j cm avance en croisant la baïonnette; mais, au même instant, je suis saisi par derrière,terrassé et frappé violemment. Les camarades me dégagent et s’emparent de l’ aS 'saillant, après une vive résistance. Notre homme était un ouvrier demi-ivre <] ulvoulait jeter sa femme par la fenêtre.

De retour au poste, je m’aperçus que j’avais reçu dans mon habit deux coupscouteau qui, mieux dirigés, devaient m’exempter du service pour longtemps.

telle fut ma première garde; la seconde, sans être aussi cruellement éprouvée,n’eu eut pas moins sa bonne part de mésaventures. 11 en est une surtout qui mérited’être racontée. Nous étions alors à une époque d’émotions politiques très-vives, etla marche du gouvernement provoquait, au sein de la garde nationale, les pù ,sviolentes polémiques. Ma compagnie tout entière, y compris, par extraordinaire, I egrand Tamerlan, appartenait à l’opposition. Une double résolution fut arrêtée;s’agissait d’aller rendre visite en uniforme à un chef de l’opposition, puis d’adresse 1une pétition au roi et aux chambres pour demander le renvoi du ministère; l ;l P etilion se rédigea séance tenante et se couvrit de signatures: une seule y manqua*mienne. Cette muette protestation produisit un mécontentement général; a,|Nexhortations, aux reproches succédèrent les doutes sur ma probité politique 0,1prétendit que j’étais ou que j’allais devenir fournisseur du château ; bref, j e ^mis à l’index de la compagnie.

Toutefois, l’orage finit par se dissiper, et je parvins à reconquérir l’estime de « ieScamarades; en même temps, je resserrai mes relations avec le sergent-major qui B>’ aC 'corda mainte petite faveur, peut-être même quelques exemptions de service,commençais à prendre mon mal avec patience, et recevais môme avec assez de p !les compliments de ma femme et de son cousin sur mon ourson et le bon goût d e 11,01uniforme, lorsqu’un matin je suis averti que le rappel bat dans, les rues et que

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les

républicains mettent Paris à feu et a sang. Au même instant, on frappe à ma p 1et un tambour, pâle d’effroi, me donne, de la part du capitaine, l’ordre

orte.

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rendre sur-le-champ â la mairie, en évitant les rues trop fréquentées. Je mem’habille en toute hâte et vais pour me rendre à l’appel, quand ma femme, les

lève,yen*

en larmes, me déclare qu’elle ne souffrira pas que je sorte, qu’il y va de niade la sienne, de celle de ses enfants. Je résiste, je parle de l’amour du P a V s ’ tl’ordre, de la liberté, des factions, de mes devoirs civiques. Ma femme insis temenace de s’évanouir. J’allais céder peut-être, quand trois camarades, se renda 11 ^poste, viennent me prendre en passant et m’emmènent avec eux. Arrivés à lu nial1 ’au travers des injures et des menaces de la foule, nous sommes envoyés, aveclaillon, sur les points menaces, et ma compagnie reçoit l’ordre de prendre .une barricade d’où les insurgés entretenaient un feu nourri. Ici, il faut l’avoiie r