LE GARDE NATIONAL. J99
C| 'iis ma dernière heure venue ; je pensai a ma femme, a mes enfants, et, enfonçant'"on ourson sur mes oreilles, j’avançai, au pas de course, sur la redoutable position.Heureusement que l’ennemi ne tint pas ; j’en fus quitte pour une peur phénoménale1"i me blanchit, en un instant, la moitié de la tête. Le reste de la journée fut assezl "dme, mais nous dûmes bivouaquer, toute la nuit, sur une place humide et exposés’• de continuelles alarmes.
Pour le coup, c’en était trop, et mon antipathie, bien motivée cette fois, j’espère,Pour la garde nationale, ayant repris le dessus avec une violence irrésistible, je'ésolus de vendre mon fonds et de me retirer à la campagne. Justement je venais
de faire une petite succession quime rendait cette résolution moinsonéreuse. Mon projet s’accompliten effet, et j’allai me fixer à quel-ques lieues de Paris , dans un cot-tage embelli d’une foule de beau-tés champêtres, où je lis, avec mafemme et son cousin, Racan,Gessner et l’auteur d’Estelle etNémorin.
Premier posl - scriplum. Abbien ! je viens de l’échapperbelle! Comment donc! le mairede ma commune ne s’était-il pasmis en tête d’organiser sa gardenationale et de m’inscrire sur sescontrôles! Sous l’uniforme ruralde rigueur, la blouse bleue et laceinture tricolore, j’avais déjà‘feux fois patrouillé dans les champs, à la chasse aux maraudeurs, deux fois es-c °rté la procession ; j’étais allé deux fois au chef-lieu du canton, le serpent de lal'aroisse en tête, pour passer la revue du bataillon cantonal, quand l’excellente idée^’est venue de me faire élire conseiller municipal. La loi prononçant l’incompati-k'Hté des fonctions attachées à ce titre et du service de la garde nationale, je puisen| in dormir tranquille.
'X N.
Deuxième post-scriptum. Je suis maire de ma commune!!!!!...
Le pied à peine posé sur l’échelle des honneurs, la tête m’avait tourné, une am-bition insatiable m’était venue... Cette ambition est satisfaite, je suis maire de mac °mmune, et quelle commune! trois cents âmes!!!... Je l’avouerai, mon avènementW» causé une joie profonde ; c’est qu’en effet, l’heure de la vengeance a sonné pour