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LL CARDU NATIONAL.
moi ; je vais donc pouvoir rendre a la garde nationale tout le mal qu’elle m afait!... Pour cela, il faut que l’on sache que cette milice civique est placée so" sl’autorité immédiate du maire, comme élément de la force publique. Point deconIrôles, point de service ordinaire ou extraordinaire, point de revues, point d’es ercice, point de mobilisables sans l’intervention obligée du maire. Juge, sous s®responsabilité, des cas qui lui paraissent motiver la convocation de la garde nat 10nale, il prend d’initiative, à cet égard, des arrêtés qui doivent toujours être obéis-Dès mon entrée en fonctions, j’ai voulu donner à ma femme et à son cousin I espectacle d’une revue; convoquée dans ce but, ma garde nationale (une cofflP 3 "gnie de trente hommes y compris le tambour) a défilé pompeusement sous " ie *fenêtres. Quelques manifestations anarchiques ayant, dans cette circonstance, écla 1 '-dans les rangs, je me suis fait un devoir d’adresser un rapport détaillé au préf^*et au ministre sur l’esprit politique de ma garde nationale. Le ministre m’a répond"par une lettre de remercîmenl. C’est le plus grand honneur qu’ait reçu ma maison-La mairie se trouvant, faute d’un édifice spécial, établie dans mes foyers, j 1,1cru pouvoir, sur la demande de ma femme, placer une sentinelle h ma poi' te ’Toutefois cette mesure a vivement excité la jalousie de mes voisins, qui se son 1en outre beaucoup égayés de certaine aventure arrivée au cousin de ma fenin ,e 'Cet espiègle jeune homme avait voulu jouer à sa cousine un tour de sa façon, e "escaladant, la nuit, la fenêtre de sa chambre a coucher, lorsque aperçu parla sent'nelle de service, qui le prit pour un malfaiteur et donna l’aiarme, il se laissa toinb® 1de frayeur dans un fossé plein d’eau. Les épreuves aussi ne m’ont pas manq" e-C’est ainsi que le jour des élections des officiers et sous-officiers de ma compag I,,e 'persuadé qu’en ma qualitéde fonctionnaire publie, je devais aux électeursune allô""tion gouvernementale, je m’étais fait préparer quelques lignes ronflantes par lecous"de ina femme, lorsque arrivé au milieu de ma première période, la mémoire " iemanqua entièrement, et je fus obligé de me rasseoir au milieu des éclats de r"étouffés de mon auditoire.
Un autre jour, sur mon refus d’accorder au curé une escorte pour je ne sais Pquelle procession, je me vis accusé, en pleine chaire, d’impiété, d’athéisine mê" ie ’et, à deux reprises, je trouvai renversé et brisé le banc que j’occupe à l’église-
Mais une circonstance heureuse, la plus heureuse de ma vie peut-être, m a ^oublier a jamais ces deux pénibles souvenirs. Je venais d’apprendre qu’un princela famille royale devait passer, au milieu de la nuit, à quelques lieues de ma c °"^mune. Soudain, saisi d’un beau zèle, je convoque ma garde nationale et je P‘avec elle pour me trouver sur le chemin de son altesse. 11 faisait un temps alula nuit était obscure et il pleuvait par torrents. Nous arrivons... O bonheurbruit de la voiture se fait entendre : la voici, c’est elle, elle approche. Je m’éla" c« Prince, m’écriai-je, la commune de... » Mais son altesse, emportée par I e 8des chevaux, ne put m’entendre; toutefois elle m’avait vu et fait un sign e •main : c’était plus de bonheur que je n’en pouvais supporter, je tombai a «eévanoui dans les bras de mes gardes nationaux.
A LEGOYT-