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Tome cinquieme.
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21 i LE BAS-BLEU.

lourages; arrêtée un instant, elle reprend son vol vers les cieux littéraires, à cotede Pascal, de Racine et de Bossuet .

Non, ce n’est pas la encore le grand mal, que les femmes écrivent au lieu ^ ecoudre, qu’elles fassent de la poésie au lieu de faire des chemises, qu’elles portentdes bas bleus quand elles devraient en tricoter de toutes les couleurs, qu’elles ou-blient leur enfant qui crie, ou leur mari qui est malade, pour pleurer sur le sortde Lara ou de Werther. Mais voulez-vous savoir où est le grand mal ? Il est dans lemensonge, dans l’hypocrisie, dans les fausses déclamations ! Où est le grand mal •c’est que la prostituée écrive des livres de vertu, c’est que la femme sans loi et sansmœurs se fasse l’institutrice des jeunes filles et des honnêtes femmes. Mais, dire 2 'vous, le danger n’est-il pas le même quand ce mensonge hypocrite vient de l’homme-Le fastueux Sénèque vous semble-t-il donc le bienvenu a célébrer la sainte répu-blique et les vertus antiques? — Que ce soit là en effet un grand malheur pour ® sécrivains du sexe masculin, je ne le nierai pas, à coup sûr; mais, a tout prendre;le scandale n’est pas le même. Salluste peut impunément, du fond de son égoïs® eet de ses vices, faire l’apologie et une admirable apologie du vieux Caton ; le vieuxCaton lui-même, pris de vin, reste le maître de soumettre "a sa censure impitoyablela ville éternelle; mais la femme qui enseigne, la femme qui dit, comme il est ^dans l’Évangile : « Laissez venir à moi les petits enfants, » il faut qu’elle soit chas®de sa personne, il faut qu’elle soit pure comme la morale qu’elle débite. Quand j entends sortir de certaines bouches féminines les plus saints cantiques d’actions degrâces et de véhément repentir, il me semble que j’entends le diable forcé de cbauter les louanges des saints. Non, jamais vous ne me rendrez supportable cet affreuxmélange de vertu et de vieu^ chiffons, cette nauséabonde odeur de pommade etde morale, ce pêle-mêle de faux cheveux, de fausses dents et de prédications diretiennes. Madame, qui venez pour nous prêcher, essuyez auparavant le blanc decéruse et le fard de votre visage; allez déposer au pied de l’autel vos fausses banclies et vos fausses dents; lavez-vous des pieds à la tête, lavez-vous, mundat^et quand vous serez un peu moins immonde, peut-être écouterons-nous le radola 0vertueux et pelé dans lequel vos amants se complaisent si fort.

Vous croyez que la matière est épuisée? Oh ! que non pas; j’ai la bien d’autre*portraits qui me viennent en foule, je n’ai qu’à les écrire; mais ils sont si vulgaires, que peut être me trouverez-vous trivial. Par exemple, que dites-vous doi®de cette femme éhontée, sans esprit, sans style et sans pudeur, qui, après av<®été pendant vingt ans la maîtresse avinée de la grande armée, finit un beau Jpar regarder des pieds à la tête l’abominable décrépitude qui s’est étendue survieux membres? La malheureuse, la voilà telle que l’ont faite le vice et la vl ®lesse; elle se fait peur à elle-même, elle est immonde: ses yeux ne tiennent pdans leur orbite enflammé, ses cheveux sont partis, chassés par l’eau-de-vie fi ulbrûle; sa voix enrouée ne peut même plus prononcer les jurons d’autrefois;pieds la portent à peine, la misère est là qui frappe à la porte de son grenier;misère sans respect, celte vengeance do Dieu quand il veut nous faire croire à 1 el |fer. Eli bien! cette femme perdue, souillée, vineuse, oh! dites-moi, que devi