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de politesse et d’élégance; cette politesse et cette élégance nous échappaient enW’'renient, et, en conséquence, nous restions insensibles h ce reflet coloré du beaumonde, à cette fine fleur de la grande conversation, a ces ingénieux détails, a ces toursheureux dont le secret n’était pas venu jusqu’à nous: si bien que ces trois heureslecture nous parurent trois mortelles heures. La dame, nous voyant si réservés et sifroids, était au désespoir; de temps à autre elle regardait nos visages, elle interrogeai 1nos regards, elle était au supplice ; jamais je n’ai entendu lire avec une câlinerie pl uscharmante, avec une grâce plus parfaite, et il fallait être, en effet, de bien grandsBohémiens et d’incorrigibles libéraux, et des jeunes Fiances bien indomptés p° ulne pas être vaincus par tant de bonnes et belles grâces. Quand la lecture fut achevée,nous autres féroces qui admirions en ce temps-là Bug Jargal et les Messéniennes, nousne trouvâmes pas un compliment, pas un sourire ; nous regardions celte illustre damecomme on regarde un animal inconnu. C’est en vain, qu’autour d’elle, se pressaientquelques-uns des amis dévoués de son génie, ses amis de tous les jours, lui disan 1qu’elle avait été touchante, que son œuvre était bien inventée, que son héros étaitirrésistible, et qu’elle écrivait mieux que personne... ces nobles louanges, tombéesde si haut, touchaient fort peu ce rare génie, elle n’en voulait qu’à nos sourires; ma' sdans ce temps-là nous étions autant de Bru tus en bonnet blanc qui aurions rougi deflatter le pouvoir! Quelle nuit elle passa ! Quelles humiliations pour ce rare espr 1 *’quelle affreuse révolution dans cette femme si bien posée et entourée de tant de r eSpects et de tant d’hommages ! A dater de ce jour funeste, toute la vie de cette fenim cfut changée : l’ordre sévère qui régnait dans sa maison Ut place au laisser-aller ü lteraire, le pire de tous; on ne vit plus entrer chez elle que des libraires, des inip rlmeurs, des correcteurs d’épreuves, des saute-ruisseaux coiffés du bonnet depap ier >et qui entraient chez elle sans même ôter leur bonnet; en un mot, toute la raceécrivante et éditante envahit bientôt celte maison sérieuse et grave ; c’étaient, toute lajournée, des allées et des venues sans fin; on apportait et l’on rapportait incessammenttoutes sortes de carrés de papier recouverts d’abominables ratures, on se battait p° ulune préposition, on se déchirait pour un participe ; à la fin, ce livre célèbre vittour... Que de bruit pour rien! cela se composait d’un mince volume in-octaV°>où toute la science des blancs, des culs-de-lampe et des têtes de chapitres, avait erépandue à profusion.
Hélas! cependant, c’en estfaità tout jamais, cette femme d’un si excellent ren° net dont si peu de gens avaient approché jusqu’alors, maintenant elle ne s’app artl .plus, son nom n’est plus à elle. Elle appartient au premier venu qui la voudra te ' 11sous sa critique mal peignée, qui la voudra interroger, le chapeau sur la tête el ljure à la bouche. Ce rare esprit dont on disait tant de merveilles, voici n |al11 ^nant qu’il court les rues, confondu avec tout l’esprit qui court les rues. C’enfait, le prestige est tombé : prestige de goût, d’élégance, de poésie souveraine»de prose éloquente : — ce n’est que cela! se dit-on de toutes parts. Dans le sal °”même de cette dame, on s’amuse tout bas du chef-d’œuvre nouvellement publié a sfrais ; dans son antichambre, son livre est soumis à la plus insolente des criDfl 116 ^la critique de l’antichambre ; gronde-t-elle un valet de pied? le valet de pied, en