I.E HAS-HLEU.
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Juchant, se l'ait des papillotes avec le livre de sa maîtresse, et, le matin, il a bienS0II > de ne pas ôter ses papillotes, pour que sa maîtresse humiliée puisse voir ce*l u e devient son livre. En même temps les bourgeois du dehors, race indifférente et'gnorante, vont a leurs affaires de chaque jour, comme si la princesse de *** n’avaitPas imprimé un roman nouveau. Au contraire, rien n’est changé a l’économie deschoses, on monte sa garde, on vend et l’on achète, on lit toujours les romans de Wallers cott, on ne pense pas au roman de notre princesse. Déjà, d’humble qu’il était etcourbé jusqu’à terre, l’édilcur devient insolent; il n’a presque rien vendu de ce livre,el ü triomphe de cet échec; le libraire, lui aussi, est un plébéien, et ses symphatliiess °ut plébéiennes. Un instant il a été charmé d’être le complice littéraire d’une prin-cesse, mais il préfère cent fois à la princesse, dont le livre ne se vend pas, le plusPetit roman de M. Paul de Kock . — « Madame, dit-il à son auteur, vous êtes trop hère,'I faut agir, il faut qu’on parle de votre livre, allez rendre vos devoirs à une prin-eesse qu’il faut ménager ; cette princesse, c'est la critique. » Et voilà en effet, aprèsbien des pleurs silencieux, la pauvre femme qui fait atteler sa voiture sans armoi-res, qui fait mettre ses gens en habit noir, et qui s’en va humblement, de portec* 1 porte, cherchant la critique dans tous les nids où elle perche. Pour quelques-u »s qui lurent pleins de réserve, de politesse et de respects, combien d’autres qui sele| icon lièrent sans pudeur et sans pitié! Pour celui-ci, bien élevé, élégant et simple,combien celui-là était rude et cruel ! Je vous laisse à penser que d’affronts à dévorer‘buts ces trois à quatre journées de bassesses infinies. Il fallait arriver son livre à lan, ain, et le plus souvent quêter humblement la bienveillance d’un malotru qui fu-n 'ait sa pipe entre sa maîtresse en haillons et un chien galeux ; il fallait pénétrer aubusard dans des maisons sans portier, sombre allée, escalier félide, miasmes chargéspeste. On frappait à une porte au hasard, une voix aigre criait: Entrez! et cette•einnie, alliée à des maisons souveraines, avait peine à s’asseoir sur quelque esca-beau vermoulu; elle se voyait obligée d’embrasser d’horribles enfants tout bar-bouillés de beurre rance ; elle disait elle-même son nom tout bas : « Je suis la prin-cesse de ***, el voici mon livre, soyez indulgent, monsieur; » ou bien elle arrivait au'"■lieu d’un déjeuner animé, bruyant, et on la priait de s’asseoir, et on lui faisait ra-conter son histoire littéraire. Triste métier, métier funeste! A cette mendicité de lalo Uange publique, une femme, quelle qu’elle soit, perd tout son lustre el tout soncharme ; voila pourquoi il faut vouloir pour les femmes, non pas l’éclat et le bruit de' es prii, mais, au contraire sa douce obscurité et son favorable silence. Ceci fait, laPauvre femme, écrasée de fatigue et de honte, rentrait chez elle, et peu s’en fallaitd’elle nesaluâtM. son concierge. Heureuse encore quand, en retour de ses salutationsc| -de ses humbles prières, elle ne trouvait pas, le lendemain, à son réveil, sur les'tutelles de son lil, quelques chiffons de papier imprimé lotit rempli des plus affreuxluolibets, des plus cruelles censures, des plus perverses déclamations. N’élait-elleP®s en effet une princesse? n’élait-elle pas la dernière descendante d’une illustreRaison ? n’était-elle pas une femme aimée et entourée de tous? Que de raisons pourl:t, 'c insultée! aussi le fut-elle sans fin etsans cesse; aussi, depuis ce jour, cette con-sl( icraiion conquise à force de probité, de bonne grâce el de bon goûl, s’est-elle éva-