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Mi HAS-1SLEU.
nouie comme une fumée. Autant l’âge mûr île cette femme avait été grave, fie' 1 'reux et respecté, autant sa vieillesse parut frivole; vous pouvez m’en croire, ellea bien pleuré ce fatal désir de gloire littéraire, elle a mis bien souvent au pied dela croix, car elle était résignée et chrétienne , ce médiant petit volume de proseimprimée, dont la gloire l’avait ravalée si bas ; — elle est morte sans que sa mortait causé d’autre sensation que celle-ci : voila enfin un écrivain de moins! Tristeexemple, mais utile exemple de l’inévitable danger qui attend toutes les femmesassez faibles pour oublier a ce point-là l’exemple qu’elles doivent donner, non p as
du côté de l’éducation poétique, mais du côté de la modestie, de la gravité et dubon sens.
Il est d’autres misères moins éclatantes peut-être, mais non pas moins tristes ; calcelte passion littéraire, à force d’avoir fait des victimes parmi les femmes, a pénétréégalement dans le bas fond de la société, dans son milieu et dans ses hauteurs. â° uSavez vu tout à l’heure la prostituée et l’empoisonneuse, l’IIenrielte Wilson, la MarieCapelle, en un mot la femme flétrie par la prostitution ou par le bourreau, chercher une dernière palpitation de volupté, ou bien un dernier vol d’argent et descandale dans les livres sortis de leurs griffes; vous avez vu la grande dame aspt |elaux œuvres littéraires ; regardez maintenant, non pas à Paris , mais dans la provintdans une province reculée, si vous voulez, sur les bords de quelque douce et l |IB ^pide rivière, cette jolie jeune fille de seize à dix-huit ans, qui rêve tout le l° Uodu jour : elle est bien née, elle a été élevée avec toutes sortes de soins et de tendresses ; son père est un honnête bourgeois, franc et loyal, qui a été quelque peu U | 1soldat de l’empereur; sa mère est une bonne ménagère, active, économe et riveeson devoir; l’un et l’autre ils n’ont que celte enfant, et pour ne pas voir pâlir ceU®douce figure, pour ne pas fatiguer ces beaux petits membres, pour que cette enrsoit heureuse à sa façon, le père et la mère l’abandonnent à ses douces rêverie s -Chaque jour qui se lève est, pour la jeune rêveuse, une longue et oisive journéechâteaux en Espagne qu’elle se bâtit à elle-même là-haut dans la région des nuag*^Comme elle a lu, par hasard, tous les livres qui lui sont tombés sous la main,pauvre enfant sait déjà tous les grands mots poétiques de la langue moderne : c0,ttemplalion, l'idéal, l’art, l’amour, t’infmi, la mélancolie surtout, lamélancolie , cedrogue nauséabonde qui a causé tant d’adultères et de suicides, et, en un mot,l’attirail des tristesses qui vous amusent à vingt ans, si bien que, de gaieté de cceUEla jeune fille se fait triste, elle pleure sur son isolement, sur la vie bourgeo^qu’elle mène; elle trouve, sans se l’avouer, que son père est un rustre, q uemère a les habitudes et les mœurs d’une mercenaire; ce toit bourgeois la fa ’oet lui pèse; les causeries et les rires de ses petites amies d’enfance lui sont dev ^nus insupportables; peu à peu elle vit seule, tout ce qui n’est pas elle-même I e * 1nuieet la gêne ; elle n’a qu’une joie, c’est d’écrire, — elle écrit donc. Elle coniP 0son premier petit roman d’amour, elle arrange à sa guise un bel Eugène, un j eU1 ’ eArthur; elle l’aime aujourd’hui, le lendemain elle l’adore, le jour suivant el |e ‘écrit, mais non plus en prose, elle lui écrit en vers. O surprise! la voilà en e ^qui trouve la rime et la césure; la voilà qui hisse des alexandrins sur leurs dou^