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Tome cinquieme.
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25S LA I5ELLE-M ÈRE-

vos regards ces premiers moments où deux jeunes gens doivent être laissés à eu*mêmes, pour que l’amour opère en eux cette fusion de caractère toujours si dilh'cile, et d’où dépendra tout leur avenir. Si vous les gardez près de vous, leur ten-dresse vous tuera, ou bien vous tuerez leur bonne intelligence a venir. Une jeunefemme est trop en peine quand il faut toujours opter entre une mère et un mari-

L’autre douleur de la mère est plus affreuse, et pourtant elle ne lue pas, nou»n’osons dire pourquoi : c’est celle de voir cet être si aimé, cette fille chérie P° ulqui on eût voulu tiédir les vents d’hiver ou rafraîchir les rayons du soleil d’ete>en hutte au malheur inséparable d’une union mal assortie ; dans l’un et dans l’autrecas, la pauvre mère est comme une hirondelle a laquelle on a volé ses petits. UN 0court, elle s’agite autour de leur prison, elle appelle, elle gémit tout le jour. L’ois e 'leur est importuné de ses cris, de son babil incessant; ses inquiétudes lui sont in-supportables. De quoi s’occupe-t-elle? il est le maître enfin; qu’a-t-elle il faire-qu’elle s’en aille, qu’elle se taise au moins.

Oh! messieurs les gendres, vous êtes bien durs aussi; vous abusez bien souventde vos droits, et, soit que vous vous fassiez ou aimer ou bail-, vous ne comprenezjamais, car vous ne voulez jamais le comprendre, que vous avez dans vos main*’l’âme, la vie, le cœur, le trésor de cette femme, et quelle mérite au moins un p el1de pitié, puis qu’hélas! quelque chose que vous fassiez, le rôle d’une pauvre ine rtqui vous a confié sa Lille est désormais de souffrir et de souffrir encore.

Cherchez bien, remontez dans vos souvenirs, essayez de trouver une heureusebelle-mère. Est-ce celle dont on emmène la fille au bout du monde? est-ce celle -*-' 1dont le gendre n’a épousé qu’une dot et dédaigne sa femme? est-ce celte autre q ulvoit plonger sa fille, élevée sagement et pieusement, dans une existence folle et dissipée où elle doit périr de toutes ces fatigues mondaines qui tuent tant de jeun e! ’femmes par année? serait-ce celle dont le gendre se ruine en spéculations insenséesou en paris , ou en chevaux, ou en mille aulres fantaisies? est-ce celle dont le g el1 'dre est avare et laisse sa femme et ses enfants dans la misère au milieu de la fortune •ou bien encore celle qui voit sa tille se perdre peu à peu, jeter son avenir et s *réputation à tous les vents, faute d’avoir trouvé dans son mari un guide sagelidèle qui sut respecter et entretenir les honnêtes penchants de sa femme ?

Comptez, comptez les bons ménages, et puis nous compterons les heureuses bellesmères, défalcation faite de toutes les peines qui sont propres â leur état de mère depouillée, vous verrez ce qu’il reste.

Oh! soyez patients, les belles-mères ne durent pas toujours... et ou les regrette-^

Peut-être on pourrait aussi dire aux belles-mères : Et vous, soyez patientes à vol*tour- l’amour, ni même la douleur de vos tilles, ne seront pas éternels, et, b eUreuses ou malheureuses, après quelques mois d’étourdissement, elles vous revie"dront, soyez-en sûre; l’affection qu’on a pour sa mère ne s’éteint pas, toutau P * 11elle sommeille ; mais il faut dire cela tout bas, de peur des gendres.

Anna Marie.