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Tome cinquieme.
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LA BELLE-MÈRE. 237

clameurs trop méritées peut-être quelquefois, nous nous sentons portés à prendreen compassion les belles-mères. On les juge sans miséricorde, et personne ne sait ni'eut savoir à quel point elles sont souvent malheureuses. Voyons un peu cependantsi leur histoire n’est pas bien triste; la voici, ce nous semble, en général.

On a une fille; on l’aime éperdument; on l’élève avec tous les soins dont on estcapable, et de quels soins n’est pas capable une pauvre mère ! on lui consacre sontemps, ses veilles, ses pensées ; on s’oublie tout entière pour ne songer qu’a elle ; ono’est plus belle que de sa beauté, lière que de ses succès, heureuse que de ses seulesJoies. En récompense de tant d’amour, comment n’aurait-on pas toute l’affectionde ce cœur naïf et pur? On l’obtient tout entier. Dieu seul et vous régnez dans cetteome de vierge, dont vous avez éloigné tout contact grossier, tout souffle qui pour-rait la ternir. Elle est là sous votre regard, belle, innocente et pure comme Eve dutapparaître aux yeux du premier homme quand elle naquit, revêtue de candeur à sonseizième printemps. Et le cœur de la mère se fond tout en joie, et ses yeux versent deslarmes si douces que rien ne peut approcher de ce bonheur, en contemplant cettesuave et douce ligure qu’elle a bercée de tendresse depuis le moment de sa naissance.

Puis vient le jour rêvé avec tant de crainte et d’espoir, jour si désiré et si redoutétout ensemble, où cette jeune et charmante enfant, si ignorante de (ont ce qui n’estPas l’amour d’une mère, va quitter cette autorité facile et indulgente, pour celled’un mari.

On le choisit, autant qu’on peut choisir au milieu du monde ; on s’informe, onscrute, on interroge, avec quelles inquiétudes bon Dieu ; on lui témoigne affectionet confiance pour solliciter sa confiance et son affection ; on en parle à tous pour‘lue tous vous en parlent. Mais la vie élégante est murée sous les convenances exté-rieures. On croit tout savoir, on ne sait rien. Le jour du mariage arrive, la jeunelille , après un dernier acte de soumission contenu dans une révérence tremblante‘lue l’on fait à sa mère au pied de l’autel, dit le Oui qui l’enchaîne, et voila tout hcoup que ses devoirs et une partie de ses affections ont changé d’objet. Ses nou-'caux parents s’emparent d’elle; elle est a eux maintenant, ils l’emmènent triom-phants; et la pauvre mère la suit. Seule elle sanglote au milieu des félicitaions etdes fêtes qui éclatent autour de sa fille

Ici deux écueils menacent la mère. Ou la fille va s’attacher vivement à son mari,

toute mère vraiment tendre et dévouée doit le désirer sincèrement; ou bien lapauvre enfant se trouve liée à un homme indigne de sa tendresse, à un tyran brutalet capricieux, qui flétrira une à une ses joies et ses belles espérances, et dans l’unconnue dans l’autre cas les douleurs de la mère commencent et ne finiront plus.

Douleur d’une jalousie dévorante qu’il faut cacher, qu’il faut combattre, car onen rougit, et pourtant on ne saurait la vaincre. Nous avons vu des femmes en mou-llr lentement et sourire à ceux qui les tuaient sans le savoir ni le vouloir. Ellesmeurent rongées d'un mal inconnu que tout l’art de la médecine ne sait pointguérir.h-lles meurent, pour Dieu 11e riez pas, rien 11’cst si triste, elles meurent rongéesd 1111 gendre.

Vous qui mariez vos filles, ayez pitié d’elles et de vous, envoyez-les passer loin de