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Tome cinquieme.
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LE TAILLE U K.

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Agiles, par la publication des lois somptuaires, les tailleurs ne se vengèrent que,r op de cet édit par la suite : l’ampleur des étoffes, les broderies, les fourrures,coûtaient de bons écus tournois à nos ancêtres. Le plus beau temps des tailleursdut être celui des Valois, de Louis XIII et de Louis XIV. Les modes d’Italie et d’Es-l'agne servaient de prétexte à l’exagération du luxe, il est vrai; mais, il faut le re-connaître aussi, les tailleurs à cette époque étaient de véritables artistes. Ils exis-tent en corporation, ils se communiquaient des dessins et des idées. Les peintres,°n ne peut le nier, avaient alors sur les modes une influence plus marquée qu’ilsoe la possèdent aujourd’hui que tout le monde se ressemble. Depuis les gravuresdeCallot jusqu’aux toiles de Boucher, quelle vaste bigarrure, quelle friperie de cos-btmes! Alors le tailleur pouvait s’écrier a bon droit: Et ego pictor ! Il répandait ledessin et les fleurs de la broderie sur le costume ; il était chargé d’exécuter les pom-peux habits inventés depuis les fêtes de François 1 er jusqu’aux carrousels de laPrincesse d’Élide. Quelle gloire pour lui de voir son œuvre applaudie à l’égal d’une®»vre de Molière, dans ces admirables quadrilles de Versailles , où il ne s’agissaitde rien moins que de représenter Thalestris, reine des Amazones, venant au campd’Alexandre avec sa suite ! Le dauphin surchargé de pierreries, d’or massif et de den-telles, faisait Alexandre, madame la duchesse de Bourbon représentait Thalestris.L es Amazones de cette fête guerrière, toutes distinguées par leur rang, leur esprit etleur beauté, toutes portant des noms aussi illustres que ceux des Choiseul, des d’Es-lp ées, des La Pare, des d’Hautfort, des d’Humières, passaient et repassaient dans ces•i e ux galants et magnifiques comme autant de constellations royales. Les diamanlsPouvaient a leurs cheveux, il leurs robes; quand elles couraient la bague, c’était ilcblouir, a vous donner le vertige! Imaginez-vous pendant ce temps le tailleur de•a cour 1 caché dans l’ombre de quelque charmille, comme un auleur qui se cache-■ait dans la coulisse, suivant du regard chacun de ces héros qu’il a vêtus, chacunde ces princes qui lui a coûté tant de veillesI II tremble, il frémit à chaque voiledécrite par les chevaux, a chaque froissement impétueux des cavaliers; la sueur"'onde son front, il croit voir l’habit de M. le Prince se déchirer, le pourpointguerrier de mademoiselle d’Humièrescraquer insidieusement. Il lui faut les élogesd’un Coudé ou du roi lui-même pour se remettre ; sans cela le digne homme se frap-perait peut-être de ses ciseaux comme Vatel de son épée.

Lr maItiik tailleuh. Je n'ai pu venir plus tôt, et j'ai mis vingt garçons après votre habit.

"• jouuoain. Vous m'avez envoyé des bas de soie si étroits, que j’ai en toutes les peines du inonde àes '"ettre ; et il y a déjà deux mailles de rompues. Vous m'avez aussi fa t faire des souliers qui me bles-sât furieusement... I.a perruque et les plumes sont-elles comme il faut?

L E maItiie tailleuh. Tout est bien.

( Le Bourgeois gentilhomme, acte II, scène 8. )

U y en avait six couchés sur l'état de la Maison du ltoi, aux gages de 120 livres chacun. Mais le pre-" l ' ei ' 'feux tous travaillait seul pour les habits de s. M. tl était qualifié valet de chambre du Roi, et de-V ' u '’ pendant qu'on habillait S. M.. se trouver à son lever. Quand le ltoi prenait un habit neuf, pour cettePremière fois, le tailleur présentait les chausses de Sa Majesté.

°utre ses gages ordinaires de 120 livres, il avait 150 livres de récompense par quartier, payées au trésorM. et encore 600 livres à la fin de l’année payées par le trésorier de l'argenterie, et bouche la courni "c l'annéo,

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