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Tome cinquieme.
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242 LE TAILLEUR.

Mais aujourd'hui, bon Dieu ! que représente un homme qui s’intitule : Tailleur dila cour et des princes! Aujourd’hui qu’il n’y a plus de Maison du Roi, et que les tailleurs ne portent plus l’épée ; aujourd’hui (ce qui est plus grave) que le premier desprinces s’habille comme le premier des bourgeois , que veut dire ce mot : Tailleur dela cour! Il y en a par centaines et par milliers ; il y en a jusque dans la banlieue, *> lixBatignolles et a Belleville. Il suffit d'un homme qui a fait six gilets de bal a quelq lHprince, pour que le prince lui donne ce litre en guise de rentes, d’honneurs, et de b° ucheàla cour. En général, ce sont de tristes ouvriers que tous ces tailleurs en titre, f ll>sent-ils protégés par les maisons de France, d’Allemagne ou de Nassau . Ou ne saurail rien voir déplus maussadement habillé que tous les gens de la cour, depuisprécepteurs des princes jusqu’aux commis, depuis les ministres eux-mêmes jusqu *•leurs laquais. D’où vient ceci, et n’y aurait-il point quelque flatterie indirecte é® nScette humilité princière qui s’est retranchée pour tout luxe dans le frac bourgeois-ies socques et le parapluie ?

Nous parlerons durant le cours de cet article assez longtemps du tailleur civ'd>pour nous occuper d’abord du tailleur militaire.

Le tailleur militaire a dû se ressentir nécessairement des vicissitudes politiq lies-Toutefois, hâtons-nous de le dire, une branche importante rendue a son commerce

habituel depuis juillet 1850, c’est l’habit de garde national. Ce travestissement nu

licien, dont la forme a déjà changé plusieurs fois, paraît devoir être immuable. N'° HSne pouvons affirmer qu’il brille par les agréments, sa simplicité étant connue, © aUil est prescrit par les ordonnances, et parade aux jours dits sur le dos des légi°'’maires plus ou moins bien faits. Une tête d’épicier ressortant de ce frac bleu prousur le passant le plus morose un effet désopilant; il croit voir une coloquinte g uc |ière. L’habit de la garde citoyenne ainsi confié aux mains du tailleur, celui-ci <' 1plus qu’a étudier le galbe du héros qu’il doit vêtir ; s’il est fluet ou ventru, si sa P° 1 ^trine rentre, etc., etc. Le grand calcul du tailleur militaire consiste à habiller f 01juste les gens qui prennent du ventre, il fera de la sorte deux habits par an a s °“digne béotien. Un autre calcul du tailleur, c’est de se mettre dans la conqwg" 16

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son client, afin d’habiller peu a peu les individus qui la composent; le corps ue „ainsi devient pour lui une véritable annonce. j c

Le tailleur militaire n’en habille pas moins d’autres héros de toute arme et‘^tout pays. La panoplie de sabres, d’épées, de gibernes, de casques, de shakos,bonnets a poil, qui attire l’œil dans son atelier, prévient en sa faveur le César P 1vincial qui vient lui commander son uniforme. Le tailleur militaire porte d’ordnles moustaches ou la royale ; il a chez lui plusieurs portraits de Napoléon et de M lles barricades de I850mises en couleur, un buste du roi et plusieurs lithograpl> ies

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Vernet. 11 a autour de lui un escadron de coupeurs, aux figures ludesqueset v* ^resques, qui fredonnent du Béranger, ou a défaut du Béranger, la Colonne d L nDebraux. Ces intrépides sabreurs d’habits méprisent les pékins et vous observdès l’entrée avec un certain air de fierté romaine qui cède bientôt devant le reS fp| ..du maître. N’est-ce pas lui, en effet, qui contient de temps a autre par sa seulemeté leurs coalitions républicaines? Lorsqu’ils se révoltent et se présentent devan