Band 
Tome cinquieme.
Seite
249
JPEG-Download
 

LE TAILLE UK .

241 )

génie et ses ciseaux; la pluie tombe a flots, elle gâtera du moins leur elbeuf . 11 11 e .demande plus qu’une chose au ciel : c’est qu’il lui vienne un général ou un députéPour son client; de la sorte son habit pourra se pavaner à la cour. Quand il lui arriveu n congé, et que comme Bélisaire il lui faut errer de porte en porte, il reçoit stoï-quement son renvoi, car il est citoyen du monde, et changer de loge, c’est pour luichanger de pratiques. Sur ses vieux jours, il achète un pouce de jardin et se faitPilleur à la banlieue; son mobilier se compose d’une table, d’un poêlon et d’unePipe. Il a renoncé a tirer le cordon, mais en revanche c’est souvent un de ses con-fères ruinés qui le lui tire.

Roger de Beauvoir .

Comme corollaire à notre article, nous croyons devoir donner ici dans son entier la lettre deM. Magloirc, noire concierge. Élève de Catel, et ne travaillant plus à cette heure que pour deux°u trois députés, M. Magloire s’illusionne peut-être sur la décadence de l’art : nous laissons le lec-’ e ur à même de juger dans la polémique qu’il nous livre.

• Vous ignorez peut-être, monsieur, qu’il y a quelques jours, M. Frédéric 4 m’a descendu une'edingote pour y repriser un accroc? Eh bien, monsieur, vous aviez oublié des papiers dans laP°ehe, et je dois vous avouer que ces papiers, je les ai lus ! c’était du papier imprimé, sans cela je"aurais pas pris une telle liberté ; mais je me suis laissé enlraîner en pensant que je trouverais pcut-''h'e quelques-unes de vos œuvres. Quelle a été ma surprise de voir qu’il s’agissait du tailleur ! ! !

- Vous vous moquez bien, sans doute, de ce que peut penser un vieux tailleur-portier, sur ce, l"ïl plaît d’écrire à un monsieur tel que vous ; cependant je ne puis m’empêcher de vous direqu’après en avoir bien ri, ma fenune et moi, une seconde lecture nous a fait remarquer qu’il ntan-lüait quelques détails techniques, surtout ceux qui 11e peuvent être connus que par les gens quiS0l >t nés et qui ont vécu dans le mélier.

* Quoique dans votre écrit vous soyez un peu sévère pour les tailleurs-portiers , je viens vous°tfrir ces détails. Personne 11'est à même plus que moi de vous mettre au courant de ce qui s’estP as sé et de ce qui se passe encore parmi les tailleurs. Jadis, monsieur, j’ai été établi. J’avais mêmequelque réputation. Si je n’ai pu être propriétaire, je suis du moins le représentant de cette classees| hnable, et j’ai sur elle le grand avantage de ne jamais faire partie du jury ni même de la gardeUalionale. Ce qui me console encore, c’est la pensée que parmi les propriétaires 011 ne trouveraitt'eut-ètre pas un bon portier; car pour cela il faut connaître les hommes, et c’est ce qui fait sans<lo ute que tant de tailleurs sont choisis pour portiers.

"Si donc, vous ne dédaignez pas les observations d’un vieux praticien, je vous en soumettrai quel-ques-unes qui pourront vous éclairer sur la partie technique de notre méfier. « Les tailleurs ne4l ”d pas ce qu'un raiu peuple pense. »

“Depuis dix ans, monsieur, il n’y a plus d’autres tailleurs, réellement tailleurs militaires, que lestfl 'tleurs de régiments. Le maitre tailleur, il est ainsi nommé, a le grade de sergent dans l’armée,est reconnaissable parmi les autres sous-officiers, en ce que son ventre s’arrondit légèrement en° Ss e, avantage qui serait parfaitement inexplicable avec la paye d’un sergent ordinaire. Le maîtrepilleur habille tous les soldats du régiment sur trois tailles, les seules permises aux défenseurs dea Patrie. Quant aux officiers, il prend individuellement leurs mesures, et les enveloppe du mieuxq<>’H peut. Ses coupeurs sont caporaux, ses ouvriers sont soldats, et leur habileté ne saurait être

' alet de chambre de l aideur.

V.

52