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LE TAILLEUR.
mise en doute. Pourraient-ils, en effet, ne pas manier les ciseaux et l'aiguille mieux encore que I efusil, lorsque le maitre tailleur peut user, comme stimulant, de la salle de police et du cachot? Sonexpérience personnelle lui a enseigné l’effet qu’on en obtient, car lui-même, tout maitre tailleurqu’il est, y couche quelquefois, par la volonté supérieure du capitaine d'habillement, son en-nemi naturel; je dis naturel, mais non irréconciliable. On cite en effet des occasions où ces deuxmessieurs se sont rapprochés mutuellement et ont fini par s’entendre. Cet accord expliquerait pen 1 "être comment certaines pièces de drap bleu de roi et garance ont paru dans le commerce à des prixextrêmement modérés.
« En somme, le maitre tailleur de régiment n’est pas trop malheureux ; s’il n’a pas de forts bé-néfices, ils sont assurés, et au bout de quinze à vingt années d’exercice, il se retire dans son villag pet met le pot au feu deux ou trois fois par semaine.
« Si nous passons au tailleur ciril, au tailleur par excellence, que de choses à vous dire ! nousparlerons du tailleur en réputation L
<> II y a toujours eu à Paris un artiste fortuné qui a su plaire et chez lequel chacun court,sous peine de n’ètre pas considéré comme un homme à la mode. A côté de ce prince des tailleurs,on remarque cependant un rival qui peut atteindre sa célébrité et qui trouble son sommeil- Cerival, cauchemar perpétuel, il le lui faut combattre chaque jour et à chaque heure pour ne p< 1s selaisser dépasser par lui en inventions nouvelles. Jugez combien cette lutte devient animée, h ,rs 'qu’elle a lieu entre deux, trois et quatre rivaux ! Ce nombre, déjà bien élevé, de tailleurs à L*mode, n’a jamais été dépassé. Au-dessous de ces sommités, on compte une vingtaine de bonnesmaisons, de ce qu’on appelle premier ordre ; puis une cinquantaine de second ordre : le reste
se subdivise à l’infini et est vraiment innombrable.
«Je voudrais pouvoir citer des noms, monsieur, pour l'appeler les faits de ces tailleurs céléh'**qui ont brillé depuis quarante ans. J’aurais à vous raconter plus d’une biographie. Je vous parlerais de Chevalier, le tailleur de l’Empereur, qui apportait chaque matin à S. M. une nouvelle ç ulotte et un nouveau gilet de Casimir blanc ; je vous parlerais de Léger 3 , de Thomassaint, à ^cerby, le fameux culottier, celui-là même devant lequel l’empereur de Russie, Alexandre, secontraint d’ôter ses culottes, parce qu’il ne prenait ses mesures que sur le nu! Je traverserais l eIflpire pour arriver à la restauration. Je parlerais de Staub, le grand Staub, nom célèbre à janM' 8 ’Staul), qui le premier imagina de couper les revers de l’habit et de les rapporter ensuite, ad’obtenir un contour plus gracieux, une casstire de collet plus facile. Cette audace fut courondu plus brillant succès, et je crois pouvoir établir une comparaison entre Staub et Christophe ;lomb. En effet, du temps du célèbre Génois, l’opinion générale, comme chacun le sait, n’était" epas, monsieur, que rien n’existait au delà des mers, et que toute la terre habitable était connue^Les découvertes ultérieures ne diminuèrent rien de sa gloire, bien loin de là, elles prouvèrent ^sublimité de son génie qui lui avait fait deviner un continent au delà de l’Atlantique. Il en estmême de Staub. Jadis on croyait avoir tout fait en faisant un habit. Il vint, et osant coupc 1 ^^revers, c’est-à-dire faire une couture là où il n'y en avait pas, il ouvrit une route nouvelle
l.e lecteur excusera cette forme de nous, forme doctorale, magistrale et qui découle d’une science >
manque M
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équivoque. M. Magloire professe quelquefois avec avantage devant les coureurs, qu'il ned'attirer chez lui en leur offrant Y Audience ( douze romans inédits pour rien).
’ Les différents fournisseurs de l'Empereur (pour sa personne spécialement) devaient sematin sur son passage, atin que s'il avait quelques observations à leur faire, il pût les leur adresser imnu^ |iment. Lorsque S. M. était à Saint-Cloud , ces messieurs devaient s'y rendre et se trouver égal c,, | ^ ercomme ils le faisaient à Paris . L'Empereur étant une fois mécontent de Chevalier, envoya chercher jet lui dit : « Prenez-moi une mesure complète et une fois pour toutes ; je n'ai pas souvent de te ’ e ^ c eperdre. » Léger, se trouvant le tailleur en titre, dut se conformer aux usages du palais et s y ^ pchaque matin, il remplit ce devoir trois mois durant, mais cette sujétion finit par l'ennuyer, et t0 " in p.était déjà riche, et surtout à cette époque fort occupé, il n’y alla plus que deux ou trois fois pa r seUn jour l'Empereur ne le trouvant pas, c'en fut assez pour motiver le rappel de Chevalier
N. IL Nous demandons pardon à M. Marco Saint-IIilaire de cette excursion du tailleur sur ses don 1
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