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LA PREMIÈRE AMIE.
[fô] e vous méprenez pas à ce lilre; ne croyezpas qu’il s’agisse ici pour un homme de sapremière connaissance, de sa première maî-tresse, de ses premières amours enfin. A cecompte, comme tous les hommes ont euplusieurs liaisons galantes, chacun d’euxaurait eu une première amie. Ce n’est pasainsi que je l’entends : nos connaissancesles plus intimes n’ont pas toutes été nosamies; ce titre, si doux quand il est mérité,ne doit pas se prodiguer aussi facilementque les noms d’amants et de maîtresses,ha première amie est la femme que nous avons réellement aimée, celle qui laPremière nous a fait éprouver un sentiment sincère, et chez laquelle, en échangede notre passion, nous avons trouvé l’amour le plus tendre, le dévouement le plusc °ntplet, la sensibilité la plus vraie, la constance la plus rare : vous voyez que toutCe la est beaucoup moins commun que vous ne le pensiez d’abord.f harochefoucauld a dit : « Il n’y a qu’une sorte d’amour, mais il y en a mille dif-férentes copies. » Les hommes qui n’ont éprouvé que des copies, et quelquefois moinse icore, ne peuvent pas avoir de première amie ; ceux qui ont mal placé leurs sen-timents n’en ont pas non plus; ceux qui ont toujours été trompés n’en ont jamais
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