LA PREMIERE AMIE.
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iMi. line première amie est un trésor, celui qui le possède vous dira combien ilserait difficile de le remplacer.
Quand vous l’avez rencontrée dans le monde, elle avait au moins vingt-six ans ;quand elle a cessé d’être votre maîtresse pour n’être plus que voire amie, elle devait enavoir à peu près trente. Il est rare que ce soit une femme d’une beauté remarqua-ble : avec trop de charmes vous auriez trouvé trop de coquetterie pour que l’on secontentât de votre amitié. Ce n’est donc pas une beauté parfaite qui d’un coup d’œiltournera toutes les têtes ; c’est une de ces femmes dont on dit simplement : « Elleest bien ! » et il se trouve que ce bien-la l’emporte souvent sur le mieux d’uneautre. Car, sans que l’on sache pourquoi, il y a de ces physionomies qui ne vousenflamment pas tout de suite, mais qui, en vous plaisant petit a petit, vous atta-chent bien davantage. Ces beautés ravissantes, dont nos yeux sont d’abord éblouis,n’ont pas continuellement le même éclat, la même expression qui nous a séduits;les femmes qui ne sont que bien le sont toujours, dans tous les moments, à touteheure, et nos regards, en s’arrêtant sur elles, éprouvent constamment du plaisir-
Quand vous commencez a vouloir lui plaire, depuis longtemps déjà elle a de-viné que vous l’aimiez ; et si ses regards n’ont pas fui les vôtres, si sa voix vous asemblé si douce, si vous avez souvent rencontré son sourire, c’est qu’elle aussi s’eslsentie entraînée vers vous par un sentiment plus fort que sa raison, et qu’elle necherche même plus à combattre, parce que son cœur lui a dit qu’elle n’en trioffl'plierait pas. Cependant, avant de se donner à vous, elle veut être bien certaine quevous l’aimerez véritablement, car ce n’est pas une liaison passagère qu’elle veutformer, c’est un lien sincère et durable ; elle se sent portée à vous aimer toute lavie, et elle veut au moins pouvoir espérer que toute la vie aussi elle sera pourvous plus qu’un simple souvenir.
Si votre première amie n’est pas libre; si, quand vous l’avez connue, d’autresliens l’enchaînaient, pour vous prouver son amour elle est capable des plus grandssacrifices : sa réputation, son repos, son avenir, son existence même, elle exposeratout sans crainte, sans hésitation, pour être une heure, un moment avec vous. Etjamais elle ne cherchera à s’en faire un mérite à vos yeux ; il lui semble tout sim*pie, tout naturel, de se sacrifier à celui que l’on aime. Que lui importent les péril 5auxquels elle s’expose, pourvu qu’elle repose ses regards sur les vôtres, qu’elle sentivotre cœur battre contre le sien.
On parle du courage des hommes, on cite leur bravoure, leurs actions d’éclat,et l’on ne dit rien des femmes qui souvent bravent avec une intrépidité héroïq lieles dangers les plus réels, les périls les plus évidents pour se rapprocher un niO'ment de celui qu’elles aiment. Il est vrai que ce sont alors des actions cachées a* 1lieu d’être des actions d’éclat.
Si votre première amie est maîtresse de ses actions, son plus grand désir serait (I evous sacrifier sa liberté; mais, comme vous ne lui demanderez pas cela, soyezcertain qu’elle ne s’enchaînera pas à un autre. Pour n’être qu’à vous, elle refuserales partis les plus brillants, les positions les plus enviées, les présents les plus tu®'gnifiques; et lors même que vous lui aurez été infidèle, que vous l’aurez quid eP