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LC MAITRE DE CHAUSSON.
on dirait que tu as peur de la gâter.—Huhu! xi! xi! Mords donc! pousse dessusà mort! et autres interjections de même farine. L’apparition d’un sergent de villesignalé à l’horizon par quelque vigie hissée sur la hune d’une borne dissipe les ac-teurs et les spectateurs de ce tournoi d'un nouveau genre.
— Ouf ! dit l’un, je crois que j’ai le brochet décroché; mais je lui ai joliment labourela jambe, et mon coup de ramasse était fameux. Je lui ai pelé la grève comme unepomme; le zeste est venu. Si j’avais su, je lui aurais coulé un saut ou fauché lechangement de garde, et il aurait été esquinté a fond.
— Cré-nom ! fait l’autre en rajustant les lambeaux de son bourgeron, que c’esl bêlede taper sur les effets du monde. C’est égal, je lui ai envoyé un coup de tampon
le mufle, qu’il ne pourra ni becquiller ni liclier de quinze jours. Ho ça ! les autres,qu’est-ce qui paye a boire aux artistes? J’étoufferais volontiers un polichinelle <1°bleu;rieu n’est plus salé que de se bûcher: ça vous altère... Allons, Auguste,’ 1 " 1petit verre de lil en quatre, histoire de se velouter et de se rebomber le torse.
La troupe ne peut qu’opiner du bonnet, et s’engouffre avec un touchant empres-sement dans la boutique de quelque marchand de vin suspect, portant une enseignehiéroglyphique, comme : les Ruines de Moscou , l'Insecte volage, la Femme s a,lStête ou le Puits qui parle ; hideux vestiges oubliés dans les recoins obscurs de I®civilisation.
Les petites rues tortueuses, les bouges enfumés ont toujours beaucoup convenuaux savatiers; la Cité, ce ténébreux repaire des truands et des mauvais garçons <1"moyen âge, a toujours été leur retraite favorite.
11 y a quelques années seulement de cela, lorsque Notre-Dame n’était pas encoreveuve de son archevêché, les duels et les tournois avaient lieu a la pointe de l’H e 'près de ce pont que l’on appelle le pont Rouge, sans doute par ce qu’il est peint engris : ce lieu désert était propice â vider les querelles qui avaient ordinairement p° urmotif la possession de quelque Hélène de bas lieu. Les champions arrivaient suivi*de leurs témoins et demandaient avant de commencer : « Va-t-on de tout ? »
Selon la gravité de l’offense appréciée par les seconds, la répouse était alfinua" vtou négative. « On va de tout, » cela voulait dire que l’on pouvait se manger le >' ei ’s'extirper les yeux avec le coup de fourchette, s’arracher les oreilles, et se servir <l e “dents et des ongles ; dans le cas contraire, les coups de pied et les coups de p°" ]rétaient seuls permis, différence qui représente assez bien les duels au premier s® llret les duels a mort. Quand on allait de tout, les bottes secrètes, les coups de traîir e itout était bon. En ce temps de barbarie, des maîtres montraient aux barrières, P° l11deux sous, les trois coups : crever le tympan, faire sauter le globe de l’oeil et coup 01la langue par un coup dessous le menton.
Tout ceci doit paraître â nos lecteurs, et surtout â nos lectrices, plus inintellir"que du bas-breton, du haut-allemand, du théotisque ou du grec. C’est du grr (l
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effet, comme on le parlait jadis en Argos, s’il faut en croire les étymologistescour des Miracles et du bagne. Cet argot s’expliquera au fur et à mesure : nous e"demandons pardon aux Muses, â l’hôtel Rambouillet et aux salons aristocratiques-La savate, que l’on appelle aujourd’hui chausson, par euphémisme, est la/-' 0,1 "