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LE MAITRE DE CHAUSSON.
française , avec celte différence que la savate se travaille avec les pieds, et la boxeavec les poings.
Comme tous les autres arts, lasavatc a eu son mouvement ascensionnel, ses phasese l ses révolutions. Il y a la savate classique et la savate romantique; le savalierclassique est simple comme un tragique du temps de l’empire; il n’emploie qu’unPetit nombre de mouvements : ses coups de pied sont bas, et ne montent guère au-fressus du genou ; ses mains restent ouvertes et portent avec les paumes des coupsappelés musettes, qui se rapprochent plus du soufflet proprement dit que du coup dePoing. Ces musettes coiffent ordinairement le menton ou le nez. Jl ne tient pas laParade, et mouline perpétuellement; il manque d’assiette, et ne pourrait tenir (ôte à"n adversaire sérieux. Son jeu est tout de tradition et de pratique; il ne raisonnePas, et la théorie n’est pas son fort. Ce n’est en effet que depuis un petit nombre d’annéesf l"e la savate a été élevée au rang d’art et de science, et s’est placée dans la hiérar-chie des exercices de corps sur le même rang que l’escrime, l’équitation ou la danse.
lu petit traité historique de la savate depuis une quarantaine d’années sera ici•ont à fait a sa place.—Les maîtres bâtonnistes de Caen avaient de la célébrité avant la'évolution ; cette gloire s’abîma comme tant d’autres dans le gouffre de 95, et il fauts auter jusqu’à l’empire et a la restauration, pour trouver dans la mémoire des plusvieux maîtres les noms des rois primitifs qui constituent la dynastie de la savate. —«Panfanesl le Pharamond, le Romulus de cette histoire; il représente la période hé.•oïque et fabuleuse ; Sabatlier lui succéda; après lui vint Bapliste, ancien danseur ai’Opéra, a qui les exercices de son premier emploi avaient assoupli les jambes, et qui"tentait les coups de pied plus haut qu’aucun des maîtres contemporains. Baptiste,lui avait conservé un vernis d’élégance et de bonne société, eut l’honneur de tra-vailler avec Son Altesse royale le duc de Berri. Son Altesse se revêtait pour sese *ercices d’une espèce d’armurç de bras, de poitrine et de jambes en fil de fer treil-hssé recouverte de bourre et de peau. Mais dans les salles on ne se servait ni dePlastron, ni de brassards, ni de jambards ; seulement l’on tirait le chapeau sur lafrie, ce qui ne se fait plus aujourd’hui a cause du développement du jeu. Celte""portalion de mœurs anglaises était d’une grande hardiesse pour le temps, et'"algré cet exemple princier, l’art sublime de la savate, de la canne et du bâton restaconfiné dans les classes inférieures. A Baptiste succéda Fanfare, qui tirait la savateet le bâton; puis vinrent Mignon, Bochereau et Carpe, qui ont laissé de brillantssouvenirs dans le monde des salles d’armes et des estaminets.
Les rues oîi se tenaient les classes n’avaient rien de très-élégant.Le vieux Champagne ,a "eien marin, demeurait rue Mouffetard , et François avait sa salle rue de la Morlel-frrie. Quand nous disons salle, nous avons tort; c’est cave qu’il faudrait. Les assaulsav aient lieu effectivement dans une grande cave; les élèves étaient en général desouvriers, ou des garnements suspects. Toulouse et Gadou montraient la savate auxfaçons de la Grève. Pour le chausson, on tirait les coups bas, les temps d’arrêt à'leini-hauteur; on courait beaucoup et Ton moulinait des bras. Le jeu du bâton n’é-la 't pas développé et se composait principalement des coups de boni, de coupés etf l ’ c iilrvés-dessous. La canne se tirait comme le sabre.