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LE JESUITE.
Pour saisir aujourd’hui avec quelque exactitudeles traits h demi effacés du jésuite, il faut péné-trer soigneusement dans les recoins les plus pro-fonds de notre vie sociale, et esquisser, comme àla dérobée, un modèle qui s’évanouit avant qu’onait pu le considérer. Ce n’est pas que les jésuites n’aient plus de place dans l’histoire de nos mœurs,car alors nous n’aurions pas a nous en occuper ici ;biais peu s’en est fallu que cette place, depuis douze ans circonscrite et obscurcie, nedisparût enfin tout a fait. Quelques établissements s’élèvent encore en France : auMilieu de nous, à Paris , une maison professe, centre sans circonférence, cherche à re-former des liens nouveaux ; mais ces établissements rares, cachés avec soin, craignantl )a r quelque bruit d’éveiller des lois qui les proscrivent, échappent aux regards d’une°Pinion qu’ils redoutent, et qui s’est tant de fois déclarée contre eux, et attendent,'fohs le silence, des temps meilleurs, qui, sans doute, ne viendront jamais releverfour prospérité perdue. Comme tant de puissances du passé, le jésuitisme est undébris : pour tous digne sujet d’étude, il n’est plus, même pour ses ennemis, unSei ‘ieux motif de crainte. Ceux-ci, d’ailleurs, divisés depuis la victoire, semblentav °ir oublié I e vaincu : les uns, satisfaits du labeur accompli, se reposent dans les Uccès ; et les autres, portant plus loin leurs espérances, ont changé tant de fois lefoéâtre de la guerre, qu’ils ont de vue le vieux champ de bataille. A peine
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