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Tome cinquieme.
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I,F JliSUITK.

la jeune génération se iappelle les grandes lulles du parti libérai conlre les jésuites,el il faut rcmonler au milieu de la restauralion pour retrouver ces polémiquesbouillantes où sc ranimaient, les courages. L’opposition, pleine encore de philoso-phiques colères, et combattant h la fois une religion odieuse el un pouvoir déleslé,attaquait avec l’ardeur de celle double haine un ordre qui menaçait de devenirpuissant, et qui lui semblait le soutien le plus énergique du pouvoir, el le défen-seur le plus /.élc de la religion. La peur évoquait tous les fantômes, l’esprit de paruaccueillait toutes les accusations, la raison, armée du principe anti-religieux, enlirait toutes les conséquences; et le pays applaudissait, et le désordre augmentaittous les jours. Que les temps sont changés ! Le dédain ou la pitié, quelquefois I erespect, ont pris la place de ces fougueuses passions. Quelques hommes aujourd’huitentent vainement de pousser le cri d’alarme d’autrefois; on n’y prend pas garde,on les laisse dire, et on ne voit plus en eux que les traînards de l’opinion pu-blique, immobiles dans leurs vieilles idées et dans leurs vieilles'peurs.

Un jésuite! — Formule cabalistique et redoutable qui (il un objet de scandale dunom de Jésus adoré pendant dix-huit siècles ! ce mot servait de symbole a un pur 1 'tout entier, et il exprimait tout, parce qu’il ne signifiait rien. Semblable aux syl-labes que les enfants répètent coup sur coup, et qu’ils 11e comprennent bientôt plus,ce nom célèbre, ce nom de jésuite n’était plus, il y a quinze ans à peine, qu’un 6injure banale, qu’une vague épithète, dont on chercherait en vain l’équivalent ; elbien des gens avaient oublié, h l’entendre exprimer tous les vices et flétrir toutesles actions mauvaises, qu’il s’appliquait à des hommes réunis sous des lois sévères,et qui autrefois avaient établi leur puissance plus loin encore que leurs ennemis11e pouvaient faire retentir le bruit de leur abaissementCe mystérieux outrage s’appliquait merveilleusement h tous les rangs, 'a tous l eSâges, a toutes les conditions. Étiez-vous au collège un élève appliqué; vosdevoi rSétaient-ils travaillés avec soin; respectiez-vous vos professeurs; méritiez-vous I e " 1bienveillance ; indulgent pour vos camarades, cherchiez-vous a atténuer leurs fai-tes, ou ’a satisfaire leurs désirs,— jésuite! —el des coups accompagnaient cet teinjure que vous ne compreniez pas quelquefois. Chrétien fidèle, vous soumettiez'vous a des pratiques que votre piété transformait en devoirs,— jésuite! Silencicu*et retiré, évitiez-vous d’insupportables voisinages, — jésuite! Ce mot alors sig 111 'fiait espion. Osiez-vous au contraire attaquer ou défendre le trône et T au tel, comm®on disait alors, vous couriez le danger de passer pour un provocateur ou un missi° n 'naire, et ces deux mots se prononçaient égalementjé.suùe, et c’était un arrêt de p v °'scription. L’injure une fois gravée sur votre front, on vous fuyait et on vous baissai 1 'On pourrait de ceci donner mille exemples; en voici un au hasard. Dans uu®petite ville de province, un bourgeois renvoie son domestique; une dispute s®'lève entre eux, des injures s’échangent, et parmi les plus dures une seule touch®le maître ; son adversaire l’a appelé— jésuite; — il est accablé et ne sait plus fl 06répondre. Toute la sévérité des lois lui semble seule capable de punir un tel ,,lCfait. Il court chez le juge de paix et lui expose cette importante affaire. Le mag |SIrai était homme d’esprit, il l’écoule avec calme, convient de la gravité du ® aS ’