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Tome cinquieme.
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U: JESUITE .

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qu'il portail, cl il Irappa sans trembler celle grande puissance qui parlait an nom duciel, et devant laquelle, pendant plus de dix siècles, tontes les puissances de la terres’étaient humblement inclinées. L’homme bientôt, ne voulut plus croire qu’à lui-même, et refusa son assentiment à tout ce que sa raison souveraine ne pouvait affir-mer, la raison, ce dieu nouveau dont il promulgua le dogme, et auquel les âgessuivants allaient se charger d’offrir un culte ; et, cessant d’obéir à une autorité qu’ilavait cessé de croire, il se proclama la source du pouvoir, comme il s’était déclaréla source de la vérité. Ce moine, qui avait préparé tant de ruines à l’avenir, s’appelaitMartin Luther . Les ouvriers vinrent en grand nombre après lui pour achever la tâchequ’il avait commencée, beaucoup le reniant, quelques-uns le prenant pour maître.Depuis ce jour bien des révolutions ont remué le monde des idées et le monde desfaits. Du doute hardi de Descartes aux saturnales philosophiques dont chacun nom-mera les héros, de 89 a nos jours, tout est sorti de ce protestantisme, dont le faibleretentissement ne troubla d’abord que des moines d’une bourgade saxonne.

La réponse à cette provocation ne se fit pas attendre. Le 1 3 août 1S34, sept hommesse réunissaient en secret, dans une chapelle consacrée à la Vierge, sur les hauteurs deMontmartre : c’était François Xavier, religieux plein d’ardeur pour la prospérité del’Église, Jacques Lainé, plus prudentmais plus habile, Alphonse Salmeron, Alphonselîobadilla, Simon Rodrigues, Pierre Lefebvre, et leur chef, Inigo de Loyola, gentil-homme du Guipuscoa , âgé alors de quarante-trois ans,'né de Beltramo de Loyola etd’Ognez, etde Maria de Balda. Séparé du siècle par une éclatante conversion, il s’a-pitoyait sur les douleurs de l’Église, et cherchait a la consoler. Lefebvre offrit le sa-crifice, et ses compagnons, sur l’hostie sainte exposée à leurs yeux, jurant une croi-sade nouvelle, promirent de marcher contre le Turc, pour prêcher la Palestine, ouconvertir les infidèles. Bientôt leur pensée s’éleva, leur projet s’agrandit, et les cir-constances changèrent leur destinée. Les infidèles n’étaient plus seulement dans l’Asie ,mais au pied du trône pontifical, qu’ils se promettaient d’abattre. Les disciplesd’inigo conçurent alors le valeureux dessein d’élever une large base sur laquelle lapapauté chancelante pût s’appuyer encore, et de préparer le triomphe de l’autoritési violemment combattue par la raison individuelle.

Jamais projet plus vaste ne fut poursuivi à l’aide de plus énergiques moyens. Encoreignorés et sans soldats, des chefs obscurs se partagèrent le monde, et firent des plusgrands empires les provinces de leur royaume éternel ; ils promulguèrent un codequi n’a été si attaqué et si redoutable selon les ennemis de l’ordre, que parce qu’ildonnait à une société particulière les lois les plus propres à favoriser l’agrandisse-ment et la puissance des sociétés politiques.

Ces hommes, en effet, que l’on a peine à classer parmi les serviteurs de l’Église,et qui, réguliers et séculiers tour à tour, se rattachent également aux premiers parles vœux qu’ils prononcent, aux seconds, par l’affranchissement des règles et desoffices imposés aux moines, plus unis et plus forts que ceux-ci, plus libres dans leursactions que ceux-l'a, deviennent bientôt puissants. Ils s’établissent en Espagne et enPortugal ; ils s’introduisent en France , malgré mille obstacles, malgré les parlementsligués contre eux avec la Sorbonne, le clergé et les ordres monasliques, qui les re-