LA HALLE.
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elle
seriez un simple observateur, que cette allocution vous poursuivrait encoresemble alors vous avertir ironiquement que votre place n’est pas dans cet endi ’où vous n’avez que faire. A peine lui a-t-on confié un fardeau, que le porteur P lC ^son élan et se met à fendre la presse. Malheur aux paniers , aux fruits, auxfleurs qu’il rencontre sur sa route; malheur à vos jambes et aux pans de votre ha 1car la politesse n’est pas la plus brillante de ses qualités. Il va droit devant lui, sanss’arrêter, avec le même sans-façon que s’il était dans une rue déserte. Ici d ie "verse un tas de poires , là , une pyramide d’oignons, plus loin , une femme, d el,N Jtrois ; il va toujours sans prendre garde aux tonnerre du diable ! dont on le sahHyauxquels il répond par cette apostrophe: Vieux hibou! as-tu les yeux sur ion■■■■reste se perd dans le bruit de la foule.
A côté de ces vendeurs, de ces acheteurs, de ces hommes de peine, qu’une n^ 11 '^exigence, la cuisine, réunit chaque malin dans les halles de Paris , viennent eue 01se placer une multitude de petits commerçants qui spéculent sur la vente du pays*" 1 ’et lui offrent, en échange de l’argent qu’il vient de recevoir, les petits approvisio' 1nements de son ménage. Ce sont des marchands de souliers, de sabols, de cuiH®^de bois, de couteaux, de haches, de seaux, de mouchoirs à vingt sous les deux,fil, d’aiguilles, d’épingles; on y voit jusqu’aux éternels crieurs d’allumettes chimiqueà deux sous la boîte. Tandis que vous mettez tous vos soins à ne point poser voliepied sur les poires et les marchandes renversées, vous vous sentez inondé tout à coifide petits rubans blancs qui semblent descendre des nuages sur votre tète, coniin e ^pluie d’or sur la belle Danaé. C’est un marchand ambulant qui promène une P el ^du haut de laquelle des milliers de lacets descendent, et nagent sur la têl epassants comme sur les vagues de l’Océan. Sa démarche est grave, il porte lahaute, et, en poussant son cri : Lacets! lacets! il dirige sa perche avec habile^ 1intelligence, aussi fier qu’un sacristain chargé de la bannière où brille l’imag e
du
dans
saint de sa paroisse. Parfois cependant, il arrive que le bout des lacets plongela bouillotte du cafetier ou dans la poêle de la marchande de saucisses, dont I e ’établissements sont nombreux à la halle, et y jouissent d’une considération udistinguée.
Au marchand de lacets succèdent d’autres industriels. Les uns distribuent ^prospectus; autour d’eux s’empressent les paysannes, qui, pour obtenir le pi' eCimprimé, crient à tue-lète : A moi ! à moi qui sais lire! — A moi! dont les en/ ^
apprennent à lire chez M. Renaud, le maître d'école du village! Ces prospectus annon c
des pilules merveilleuses, des remèdes infaillibles, les consultations gratuites du do cleur Ch. Albert. D’autres chantent, au milieu du brouhaha, XApothéose de JSap 0 ^ 0 ^la Colonne de juillet, en s’accompagnant avec un orgue de Barbarie. Plus loin s av<un homme dont la voix de tonnerre, sentant quelque peu le rogomme, domine, coinle quos ego de Neptune, la tempête de la foule; il tient à la main un certain nonitde petits cahiers, et répète son éternel refrain : Lettres et compliments pourlc j° url’an! Manière d'écrire des lettres et des compliments à son père, à sa mère, à son ondeà sa tante, à son parrain, à sa marraine , et autres bienfaiteurs! Douze pages d’in'P reSsiun pour deux sous!
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