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LA MA RC H AN DK DE POISSON.
tout temps ses observateurs et ses historiens ; plus d’un écrivait] spirituel y a puiséses inspirations. En 1552, Berlhod disait, dans une inscription en vers burlesques:
Or sus voioy la halle illustre;
Elle est atijourd’huy dans son lustre ;
Voilà quantité de poisson ;
Nous rirons de bonne façonSi lu veux prendre patience,
Car c’est icy le lieu tic France Où se disent les meilleurs mois:
On fait les contes les plus sots,
Surtout parmy ces poissonnières,
Qui ne sont jamais les dernièresA dire le mot en passant,
Quand elles attrapent marchandQui leur fait un tant soit peu teste;
Alors elles font belle (este;
Elles lui donnent son paquetEn disant quelque sobriquet', etc.
C’est en se faisant acteur lui-même sur ce théâtre d’un genre tout particulier, queVadé, le poêle poissard par excellence, s’esl acquis une célébrité qui dure encore.Aujourd'hui même tout le monde vous dira qu’il ya, dans les mille petites scènesqui se passent à la halle , et dans les mœurs de la population ‘ ' Mute, matière àde curieuses observations; mais il ne vient à personne l’idée d’en faire une étudeconsciencieuse et grave. Lorsqu’on voit cependant, grâce au mouvement d’ascensionqui s’opère, toutes les classes se rapprocher et se confondre, les différences s’effacer,et tout passer sous un niveau commun , ce devrait être quelque chose de rencontrerune classe qui vit à part, sous l'influence des mômes idées, avec ses mœurs, souorganisation et ses lois, sans rien emprunter, sans rien sacrifier à ce qui l’entoure.
Vue à vol d’oiseau, la halle offre déjà un spectacle [tiquant dont vous chercheriezen vain l’équivalent à Paris . Ce flux et ce reflux d’hommes et de femmes qui se [tres-sent et se coudoient, ces cris qui viennent se confondre dans votre oreille, ces gestesanimés, tout ce mouvement, toute cette variété, tout ce bruit tranche sur la mono-tonie de la vie parisienne .
L’histoire de la halle remonte bien haut; il faut la démêler dans l’obscurité despremiers siècles. Placée au centre du vieux Paris , elle devait être naturellement•ut point de réunion pour les transactions commerciales; aussi fut-elle d’abord sansdistinction le théâtre de toutes les industries en plein air. Peu à peu et par degrés,"ne branche de commerce l’emporta sur toutes les autres , et, sous la Ligue, nousD’ouvons la halle presque exclusivement réservée à la vente des provisions de bouche,he règne d’Henri IV , succédant aux fureurs de la Ligue et aux agitations de lafjtierre civile, donna une grande impulsion au commerce: en peu d’années, la popu-lation de Paris s’accrut dans une progression remarquable, et la halle acquit tous lesJours plus d’importance. Mais nulle loi ne réglait encore les rapports commerciaux;