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Tome cinquieme.
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LA MARCHANDE DE POISSON.

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n’a produit des sons plus bizarres, plus criards, plus sauvages; une mélodie dequelques notes contient des sons de toutes les qualités. Ce qu’il y a de remarquablesurtout, c’est la transition brusque du son de poitrine au son de tête. Le cri de cesfemmes a tant de rapport avec celui des marchandes de cerneaux, que je croirais vo-lontiers qu’il s’en trouve parmi elles qui cumulent, et qui, après avoir crié pendantune partie de l’été : Merlan du jour! merlan à frire, A frire! se mettent A vendre descerneaux pendant l’automne.

La mélodie des maquereaux salés est une des meilleures el des mieux chantées :

Ralentendo.

(’ietto.

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La marchande de moules au caillou doit rappeler au voyageur la reine des mar-chandes, la gloire des halles, la fameuse marchande de moules de Bruxelles . Assisesur son char, qui ressemble beaucoup <à un char de triomphe romain, entourée depaniers remplis de moules, l’épaisse Flamande forme, dans ce cortège, une des cu-riosités les plus pittoresques de la capitale de la Belgique . On serait tenté de laprendre pour une apparition fantastique : à telle heure du jour, elle parcourt leseues de Bruxelles; à telle autre, celles d’Anvers ; el souvent on la voit, sur la roulede Malines , glisser comme une ombre avec la rapidité de l’éclair. Son char mysté-rieux semble être entraîné par une force magique, et les nuages de poussière quil’environnent ne permettent pas à l’œil de distinguer quelle puissance lui fait dévorerl’espace avec une telle rapidité. On n’aperçoit, au milieu de ce tourbillon, qu’unbonnet blanc, une face rubiconde, et le mantelet noir classique des Flamandes. Lesuns pensent reconnaître dans ce cortège celui du corsaire noir, cet effroi des ma-rins, ce présage de grands désastres, qui aurait momentanément abandonné pour laterre son maritime empire. D’autres font le signe de la croix, persuadés qu’ils ont vuSaloper sur le manche d’un balai quelque sorcière pressée d’arriver au sabbat. Inutilede faire observer que ces deux opinions appartiennent aux romantiques. Quant auxclassiques, ils prétendent avoir vu la conque de Neptune traînée par des dauphinsterrestres, ou des panthères de Naxos emportant une nouvelle Ariane. C’est toutsimplement notre marchande de moules fièrement et glorieusement assise au milieude ses coquilles, comme Vénus au sein des roses. Son attelage se compose de huitchiens énormes qui semblent voler de relai en relai, et donner des ailes aux moulesdont elle approvisionne presque foule la ville de Bruxelles . Je ne connais pas de