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Qiiud vous traversez la place de Grève, le quai desTournelles, le pont au Change ou le pont Neuf, vous4j\sentez venirà votre odorat un certain parfum de ris-^§|4jso!é qui vous enveloppe et vous poursuit d’une ma-|4nière plus ou moins agréable, suivant la disposition; de votre estomac, l’état de votre bourse et la suscep-! tibilité de vos organes. Si vous êtes de ceux pour quis le café Anglais et Véry agrandissent chaque jour, par; de nouvelles conquêtes, le domaine de la science cu-ï'iinaire, je vous conseille de passer vite; mais si votremauvaise étoile a fait de vous un de ces pauvres diables qui sortent le malin de leurgîte sans avoir la certitude d’y pouvoir rentrera la fin de la journée, et qui ne sau-raient appliquer le mot menu à leur repas autrement que dans son acception qualifi-cative, oh! alors,arrêtez-vous, et que votre figure s’épanouisse: vous vous trouvezdevant la ressource du malheureux affamé, le restaurant des bourses prolétaires,devant la marchande de friture.
Tandis que Chevet étale fastueusement, derrière ses vitraux, le savoureux saumon,la truite délicate, l’appétissante salicoque, le pâté de foie gras, et tout ce qui peutéveiller la sensualité du riche, la marchande de friture se tient modestement surle pavé, avec ses mets de forme et de qualité peu séduisantes, n’ayant d’autre auxi-liaire que l'impitoyable faim à laquelle les anciens auraient dû refuser la vue, l’o-v. 1«