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LA MARCHAND!! DK FH1TURK.dorât et le goût, comme ils ont refusé la vue à l’amour. Marchande des rues, elle n'ad’autre cri (|ue le frémissement de sa poêle, d’autre enseigne que le nuage de vapeurépaisse qui lui tient lieu d’auréole. Elle n’allire le chaland ni par la grâce de sonsourire, ni par la coquetterie de sa mise. Ses cheveux gris, dont un mouchoir (ropétroit laisse échapper les mèches roides et inégales, ses yeux éraillés, ses mainsosseuses et noires, son jupon, assemblage d’étoffes et de couleurs discordantes, seslarges pieds chaussés de sabots ou de souliers découpés dans une vieille paire dehottes, composent un de ces ensembles grotesques que nos peintres parviennent àrendre si réjouissants dans leurs caricatures. Elle porte un éventaire sur lequel, d’uncôté, s’élève une pyramide de morceaux de pain, de l’autre, figure un réchaud sur-monté d’une poêle où le feu grésille un pêle-mêle de saucisses, de boudins, de côte-lettes de porc, et de tranches de lard. Alléchés par le fumet de ce ragoût qu’appeléleur estomac en souffrance, on voit s’approcher tour à tour le maçon, le manœuvre,le terrassier, qui n’ont pu trouver à louer leur journée, et le titi, ce lazzamne deParis , qui vit heureux s’il a de quoi payer son restaurant en plein vent et sa placed'amphithéâtre à la Gaîté. Chacun de ces consommateurs, en échange des deux ou troisgros sous qui se prélassent à l’aise dans ses vastes poches, se saisit d’un morceau depain sur lequel il étale avec complaisance soit le boudin, soit la côtelette, et vas’asseoir sur la borne ou sur le parapet, pour se livrer à l’importante opération dela mastication, avec autant de recueillement que le ferait un gastronome assis auxtables de Véfour ou de Lemardelay.
Vous rencontrerez quelquefois de ces marchandes de friture qui sont établies àposte fixe dans les marchés ou aux barrières: celles-ci, outre la poêle classique, onlun gril sur lequel noircissent quatre ou cinq petits poissons d’une odeur plus quedouteuse.
Vous les verrez encore aux Champs-Elysées , quand vient l’anniversaire des jour-nées de Juillet. Mais alors elles sont, comme elles disent, requinquées; elles onl,sous une tente de toile, (rois ou quatre tables longues, entourées de bancs; le souf-flet communique au feu de leurs fourneaux une activité vraiment extraordinaire:leur poêle, presque aussitôt vidée que remplie, suffit à peine à l’avidité des convivesdont elles essayent de tromper l’impatience, au moyen d’un petit vin aigrelet qui ale triple avantage de rendre l’attente plus facile, de constituer une seconde sourcede bénéfices, et d’augmenter la consommation en aiguisant l’appétit.
A côté de l’espèce que je viens de décrire, il en est une autre que l’on trouve par-tout, et dont la clientèle est infiniment plus nombreuse ; je veux parler de la mar-chande de pommes de terre frites. Celle-ci est établie, elle aboulique; mais quelleboutique! Un recoin de porte quelquefois, le plus souvent une petite échoppe, U' 0ISpieds carrés enfin , dans lesquels il faut trouver la place du fourneau, du bois , ri"pot de graisse, des pommes de terre et delà marchande. Je dois dire aussi que, com-parée à la débitante de boudins et de saucisses, la marchande de pommes de terrefrites est en progrès; il y a dans son modeste costume quelque chose de moins dé-guenillé; sa physionomie est plus avenante; sa voix a des inflexions moins rauque*-Cela lient A ce que ses clients ‘ pas uniquement à la classe malheu-