LES MARAICHERS. 321
passer sous silence ceux des marchands de pommes de terre; leurs mélodies doiventfigurerai! milieu des meilleures et des mieux chantées: Pommes , etc.
— Q —
J . fv- fs—h—r
— ( l —
Pomni’s terr% pninm'i d« trrr’, pomm’s de teir* au bois • scitul
lien existe une autre qui ressemble beaucoup au plain-chant; la voix tremblotantedu chanteur lui donne quelque chose d’extrêmement langoureux; on la croirait ins-pirée plutôt par un sentiment religieux ou par une mélancolie amoureuse, que par letrès-précieux, mais très-prosaïque tubercule-importé du Canada en Europe par sirWalter Raleigh : Bonnes, etc.
Bonu’a pomm’s de
tcrr’, botm’s pomni’s de
lonn’s pomm’i de
U*rr\ boim’s pomm's de li-rr’l
Pendant plus d’un an, j’ai entendu cette mélodie, qui relève le cri de la modestepomme de (erre, chantée par un paysan. Le son de sa voix, sa manière de la dire,les nuances délicates qu’il savait lui donner, et pour lesquelles notre notation mu-sicale n’a pas de signe, m’ont souvent bien vivement touché; elle ne venait pas uneseule fois frapper mon oreille, sans que j’interrompisse volontiers mon travail pourécouter aussi longtemps que possible le chant passager du pauvre campagnard. Jel’entends encore, à de longs intervalles, et il me fait éprouver à la fois le charmedu moment et le charme du souvenir.
Ne nous étonnons pas de ces inspirations dues à l-’échalote, aux oignons et auxchoux, lorsque nous voyons le haricot lui-même, le modeste haricot, prendre sapart dans les élucubrations des musiciens nomades :
EîdzcLrjj|
IT« • ri - col?, )>a - ri * col* !
lia • ri *cotstend\ La * rt . cotai
Ce n’est pas tout; il y a autour des halles une petite femme bien propre, toujoursRaie, toujours avenante, dont la voix fraîche et argentine est bien connue de toutesles dames du lieu, qui a composé pour l’ail une mélodie originale et un texte des
4 I
v.