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Tome cinquieme.
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32 !)

LES MARCHANDS D’USTENSILES DE MÉNAGE,et dé casse-noisettes; il est difficile qu’au milieu de tant d’objets, il ne s’en présentepas quelqu’un qui éveille votre convoitise; vous êtes alléché surtout parce cri dumarchand : A cinq sous la pièce, l'objet, l'article ! Vous faites votre choix, vous tendezvos cinq sous, et le marchand vous répond avec un imperturbable sang-froid : «Ceci,c’est vingt-cinq; voilà le côté des articles à cinq.» Or, ces articles à cinq sont en-tassés dans un imperceptible petit coin, comme pour cacher ce qu’ils ont de défec-tueux et de peu séduisant. Retenu par une fausse honte, vous complétez le prix de-mandé, fdl-ce aux dépens de votre dernière pièce, et vous vous éloignez comme lecorbeau de La Fontaine :

Honteux et confus,

Jurant, mais un peu tard, qu’on ne vous prendra plus.

Parmi les objets qui entrent dans la composition d’une boutique à vingt-cinq sous,il en est qui constituent ailleurs un commerce spécial; à Toulouse , par exemple, onvoit un homme à longue barbe, qui parcourt les rues, pieds nus et un bâton à lamain, portant gravement un assortiment d’épingles, criant d’une voix de basse-taille : Qui croumpo d’espingles a boun marcat? qui achète des épingles à bon marché ?

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En Italie , il y a des marchands qui ne vendent que des lanternes, et qui crient :

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A Paris même, quelques-uns de ces articles forment autant de branches spéciales ducommerce des rues ; je citerai, entre autres, les portefeuilles de maroquin, les crayonset les chaînes de sûreté, dont les débitants encombrent les quais, les abords des pas-sages et les boulevards. Ceux-ci surtout, dont les derniers embellissements semblaientavoir été faits dans l’intérêt des promeneurs, sont devenus tout à fait impraticables.A chaque pas, on y heurte quelqu’un de ces pliants sur lesquels le marchand assu-jettit sa boutique portative; l’oreille y est assourdie par ces cris répétés : Portefeuillesen maroquin! chaînes en caoutchouc, fortes, utiles et fashionables ! Ajoutez â cela lesgroupes plus ou moins compactes de compères et de curieux, qu’il faut enfoncer àgrand renfort de coups de coude, sous peine d’attendre trois ou quatre heures lemoment d’éclaircie qui vous permettra de passer. Ici, c’est un amas de titis dont lesregards ébahis suivent les mouvements précipités d’un grand gaillard uniquementoccupé à faire rebondir sur une ardoise la pointe d’un crayon, afin d’en démontrerla solidité. Là, une demi-douzaine de compères et même de commères, rangés encercle autour de l’étalage du marchand de portefeuilles, emploient toute leur journéeà prendre, à ouvrir, à tourner, à retourner, celui-ci un agenda, celui-là un album .

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