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Tome cinquieme.
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LES -MARCHANDS D’USTENSILES DE MENAGE,sans jamais rien marchander ni acheter; niais, comme on dit, la foule attire lafoule : un curieux s’arrête, puis un second, un troisième; la galerie prend bienlûtun aspect respectable; alors il s’agit de porter le grand coup; chaque compère faitchoix d’un objet, le paye et se retire avec une physionomie aussi joyeuse que s’ilvenait de conclure un marché d’or. L’impulsion est donnée; le véritable acheteurn’y résiste point, et s’avance à son tour: c’est encore l’histoire des moutons dePanurge.

Les provinciaux et les étrangers manquent rarement de tomber dans le panneau ,et c’est surtout dans leur ingénuité que trouve son aliment cet ignoble métier decompère. Cependant il s’en rencontre quelquefois qui ne se laissent pas prendre à unpiège aussi grossier. Un étranger se mit un jour A feuilleter gravement un petitagenda, à l’exemple des compères dont il observait le manège depuis une heure;comme il feuilletait toujours , ne laissant point passer une seule page sans l’exami-ner, le marchand, impatienté de voir qu’il ne songeait nullement à marchanderl’objet, lui demanda s’il avait ou non l’intention d’acheter. « Dieu m’en garde! ré-pondit ce chaland d’une nouvelle espèce. — Alors pourquoi cet examen si minutieuxde ma marchandise? — Pourquoi? mais apparemment pour voir ce qu’elle renfermede si curieux, que depuis plus d’une heure elle fixe d’une manière vraiment re-marquable l’attention de ces messieurs et de ces dames.»

Mais les compères de la pire espèce sont ceux qui accompagnent les marchands dechaînes de sûreté. Malheur à vous si vous avez marchandé une de ces chaînes ! c’estl’indice certain que vous avez l’avantage de posséder une montre. Vous n’aurez pasfait vingt pas , que chaîne et montre auront disparu ensemble, pour vous donner lapreuve, sans doute, qu’une fois attachées à ces sortes de chaînes, les montres en sontinséparables. Il serait à souhaiter que la police, si rigoureuse envers le pauvre quimendie un morceau de pain, se montrât un peu plus sévère envers ces exploiteursdelà bonne foi publique. Ses nombreux agents, sans se mettre en grands frais desurveillance, pourraient empêcher souvent l’étranger, le paysan et l’ouvrier de fairede ces marchés où 'l’on peut affirmer presque toujours qu’ils seront volés dans unsens ou dans un autre.

A cûté de ces derniers crieurs,je placerai le marchand de savon à dégraisser, q 111vous arrête au passage, s’empare du revers de votre habit, sans s’informer si cela vousconvient, le barbouille de son savon, le brosse et le promène ensuite sous les ye* 1 *de chacun des curieux qui l’entourent, faisant remarquer que non-seulement la tachea disparu, mais que l’endroit lavé a acquis un lustre magnifique qui le fait jure*singulièrement avec tout le reste de l’habit.

Je pourrais encore ranger dans la même classe le marchand d 'encre et de cira? 6 ’s’il se bornait, comme autrefois, A colporter sa marchandise dans une corbeille, avecune vieille pantoufle cirée pour enseigne, et quelques oiseaux savants, pour excitela curiosité des chalands. Mais, depuis quelques années, cette branche d’industrie aacquis un développement inouï: l’encre et le cirage de Robertson et du chevalinLanglois se prélassent aujourd’hui dans de superbes équipages, et ce sont des valetsrevêtus d’une brillante livrée qui les distribuent aux consommateurs. Toulef° lS ’