LUS MARCHANDS D’USTENSILES DE MÉNAGE.
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Quoiqu’il u’y ait entre les ménagères et ces papiers publics auxquels on donnele nom de canards d’autre connexion que l’empressement avec lequel ceux-ci sontguettés au passage par les premières, je ne terminerai pas sans dire un mot designobles crieurs qui passent leur vie à proclamer dans les rues, tour .à tour, lesrécits d’assassinats, les changements de ministère, la marche et le cortège du bœufgras. On croirait que Dieu les a créés tout exprès pour le méprisable métier qu’ilsexercent. Marchant par couple, homme et femme, avec leurs chapeaux et leursbonnets'de travers , le teint pourpre, le nez fleuri, les yeux hors de la tête, ils cra-chent alternativement, avec force exhalaisons de tabac et d’eau-de-vie, les nouvellesplus ou moins véridiques du jour, et telles que les leur impose la police, qui lestient sous son patronage. Semblables à la plupart des journaux dont ils vendentles extraits, ils n’éprouvent pas le moindre scrupule à crier le soir la déchéance dumême homme dont ils criaient le matin la gloire et les vertus ; hier les ordon-nances de Charles X , aujourd’hui les grands événements de la glorieuse révolu-tion de 1830. Voici une de leurs mélodies, si toutefois ce n’est pas faire un abus demots que de donner ce nom à leurs effroyables crieries.
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Moins ignobles, mais peut-être encore plus grotesques, on peut regarder commeissus de la même famille les distributeurs de programmes dans les spectacles. Riende plus curieux que l’aplomb avec lequel ils estropient les noms littéraires les plusconnus, et les titres des ouvrages qu’ils sont chargés de vendre. Les Français ne s’i-magineraient jamais quelle triste impression ces malheureux font sur l’étranger, etquel pénible souvenir ils leur laissent des théâtres de la capitale la plus éclairée dumonde.
Autrefois à Paris , aujourd’hui même encore dans plusieurs villes de province,la nuit possédait et possède aussi ses crieurs; j’ai noté un de ces lugubres chants :
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Comme il est probable que les dormeurs ne tarderont pas à voir leur suppressiondéfinitive, j’ai voulu (pie leur souvenir ne fut pas tout à fait perdu pour la curiositéde l’amateur.
Joseph Mainzeb