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Tome cinquieme.
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L'HOMME SANS NOM.

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Si elle prend ce dernier puni, elle verra son père lui demander chaque mois, chaquesemaine, l’argent qu’il laissera chez le marchand de vin. Ce père vivra heureux etsans remords. N’a-t-il pas établi sa fille?

Dans l’étage au-dessous, c’est une autre corruption ; il y a la une famille complète,famille d’artistes ou debohémiens : le père est musicien à l’orchestre des Funambules,le lits s’essaye dans la banlieue aux premiers rôles du répertoire, la lille apprend 'adanser. Voilà dix ans que cette famille vit dans la misère, qu’elle s’habille d’ori-peaux, qu’elle se nourrit d’espérances. Un beau jour la fille débute, elle obtient ungrand succès, on lui fait des propositions de la part d’un banquier ou d’un diplo-mate. Croyez-vous que le père, le vieil artiste, le musicien va se redresser dans toutesa fierté, et dire à ceux qui marchandent ainsi l’honneur de son enfant : « Retirez-vous,misérables! avec ce qu’elle gagne maintenant ma fille peut nourrir ma vieillesse,je ne veux pas, sur le point de descendre dans la tombe, tendre la main à l’or del’infamie? » Croyez-vous que le frère, un jeune homme, un arliste, lui aussi, dont lamémoire est pleine de tous les plus beaux sentiments du drame et de la comédie,va prendre en main la cause de sa sœur et poursuivre de sa vengeance le richeinsolent qui n’a pas craint de lui préseuter la hoirie comme un marché? Pas dutout. C’est le père qui se charge de débattre lui-même les conditions de l'ignobleengagement qu’on offre à sa lille ; c’est lui qui dresse la liste des meubles qui lui se-ront donnés ; c’est lui qui fixe le nombre des cachemires, et la valeur des parures.

Oh! l’excellent pèrene souffrira pas qu’on fasse tort à sa fille du moindre collier,du plus petit bracelet ! 11 examine une à une toutes les pièces du trousseau, il souritsi les chemises sont de la plus Que batiste, si les mouchoirs sont entourés de laplus belle dentelle. Remportez ce velours, monsieur le marchand, gardez ces fleurs,madame la modiste, tout cela n’est ni assez riche, ni assez frais pour ma lille quiva devenir la maîtresse d’un millionnaire. Il presse le tapissier, il court chezle marchand de meubles, il fait antichambre chez un notaire, car les notaires •aujourd’hui passent de ces sortes de contrats; le prix dont on paye sa fille, luiappelle cela une dot; la somme qui lui est allouée à litre de pension, la manièredont il touchera son trimestre, tout cela est clairement, nettement, formellementstipulé. Enfin tous les arrangeinenls sont pris, on a terminé avec le tapissier, avecle bijoutier, avec la modiste, avec le marchand de meubles, avec le notaire, avectout le monde; le millionnaire s’est exécuté sans murmure, l’époux n’attend plusque l’épouse. « Allons, mou enfant, dis adieu à celte mansarde où tu vécus si longtempschaste et pure ; laisse là ce tartan sous lequel se cachaient en frissonnant ta beautéet ta jeunesse, ne prends pas seulement la peine de te regarder encore une fois à cette-glace félée : riches appariements,châles de Flnde, miroirs de Venise , tout cela t’attend,et c’est à moi que lù dois loutce luxe, c’est moi qui t’ai assuré tout ce bonheur ; sou-viens-toi de mes conseils dans la nouvelle carrière, ne va pas faire la hère au moins, etgarde-toi dans la prospérité d’oublier ton vieux père. » Voilà probablement le discoursque ce vieillard tien là celte jeune fille, car que pourrait-il lui dire après ce qu’il a fait?et cette nuit, celte nuit maudite, il rentre chez lui en trébuchai) (après avoir payéà boireà ses amis, tandis que la triste fiancée, livrée à des caresses sans amour, se lamenlo