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Tome cinquieme.
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L’HOMME SANS NOM.

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métier de se livrer ainsi h l’enchère, il se considère comme une marchandise; s’ilabandonne une femme, il sait que bientôt il sera remplacé et qu’on le pleureratout juste le temps de laisser sécher une cicatrice; tandis que le misérable quispécule sur la confiance que l’on accorde a la jeunesse, sur l’involontaire fascinationqu’exerce la beauté, n’a rien qui le relève à ses yeux et à ceux des autres, rien quipuisse le justifier!

Nous avons parcouru rapidement, et comme il convenait de le faire, ce tristealbum de la corruption ; il ne reste plus rien a montrer au lecteur. Deux dessinsseulement ont été oubliés, mais a quoi bon revenir en arrière pour les étaler? onles a vus partout, ils sont connus, ils sont populaires. L’un représente le lion,l’amant aristocratique d’une actrice, dont il mange les appointements sous prétextede la protéger auprès de son directeur; l’autre est tout bonnement la silhouettedu mari de la maîtresse de table d’hôte.

Nous avons épuisé autant qu’il était moralement et matériellement possible toutesles variétés de Vhomme sans nom. Nous l’avons pris dans les rues et dans les salons,nous l’avons envisagé au point de vue de la morale et de la psychologie ; nous avonsfait au cœur la faible part qui lui revenait, et à l’intérêt particulier la part énormequ’il est en droit de revendiquer. Après avoir montré le malade, il nous restemaintenant à préciser l’état actuel de la maladie. Au premier coup d’œil, on seraittenté de croire qu’il y a amélioration, et non pas recrudescence dans le fléau. Lastatistique des vices du grand monde ne donne pas un total plus effrayant qu’à uneautre époque à l’addition de toutes les individualités qui se vendent aux femmes.D’un autre côté, les souteneurs de filles publiques deviennent moins nombreux etplus civilisés, leurs mœurs se sont adoucies en même temps que leur affiliation adiminué. L 'homme sans nom est né de la nécessité dans laquelle se trouvaient lesprostituées abandonnées par la police, de se faire protéger par quelqu’un. L’admi-nistration a compris qu’en autorisant la prostitution, elle devenait pour ainsi dire res-ponsable de ses excès. En consacrant à ce fléau une surveillance de lous ces instants,en l’entourant d’une protection qui tourne en définitive au profit de tous, les pros-tituées ont moins eu besoin de recourir à l’appui intéressé qui leur coûtait si cherautrefois ; elles ont obtenu, elles aussi, l’égalité devant la loi. Elles n’ont doncplus besoin de payer quelqu’un pour leur faire avoir justice.

Félicitons-nous de ce résultat, s’écrieront les philanthropes, bénissons la police,et fondons des prix de vertu ! Attendez, bonnes gens, avant de vous réjouir, et per-mettez-moi, pour vous désabuser, de vous raconter une petite fable. L’apologuedoit être de votre goût, vertueux académiciens!

Il y avait donc autrefois, dans les environs d’une capitale, un vaste emplacementdestiné à abattre les chevaux. On voulut détruire ce foyer qui lançait à plusieurslieues à la ronde ses miasmes pestilentiels. On atteignit ce but. Malheureusementles rats innombrables qui habitaient ces lieux infects se répandirent dans la ville entelle abondance et avec une telle audace, que les habitants regrettèrent l’ancienétat de choses et maudirent ceux qui l’avaient changé.

Ce Montfaucon que l’on a voulu assainir et déplacer, c’est la prostitution ; ces rats