Band 
Province. Tome premier.
Seite
14
JPEG-Download
 

I.K M KI) KG I Ai l)li VILI.ACK.

f 1

parles fosses nasales; on reconnaît la gravité de la maladie, les chances de gué-rison cl l’époque probable du contraire. Une prise de moyenne dimension est unindice aussi certain d’un cas productif, qu’une aspiration légère et rapide d’uneprompte guérison et une charge complète d’une succession a ouvrir. Le nombre desprises varie également selon la complication du mal, l’obscurité des symptômes, ladifficulté du diagnostic et l’incertitude de la pronosticalion. Jamais malade n’a ré-sisté h une quatrième introduction de l’index médical dans le livre des oracles dumédecin de village. Que Dieu le bénisse!

Un philosophe célèbre portait avec lui sa richesse; notre médecin porte dans sespoches la vie de ses malades : il y a progrès. Doublées de cuir, elles sont au nombrede quatre : deux postérieures, deux antérieures; celle-ci à la région thoracique,les autres voisines des fémurs. Vastes, profondes et imperméables, elles remplacent,pour le médecin de village, l’ordonnance écrite du confrère de la ville; elles sont, àla fois, meuble, pharmacie et pilon. Les mixtions se font ordinairement au trot decocotte et la potion arrive, tiède, a sa destination. De mémoire de malade, la pochedroite postérieure produit les quatre (leurs, le chiendent, la guimauve et le sirop deviolettes; la gauche fournit le sulfate de kinine, la rhubarbe, la digilale pourpréeet l’immortel laudanum de Chidermami. Antérieurement sont casés les minora lits,les laxatifs, les émollients et la trousse formidable. Dans une poche du gilet s’arron-dit la tabatière, dans l’autre se dresse le pied de biche. Le mouchoir dé poche ha-bite, selon la saison, le fond du chapeau qu’il assure, ou la fonle gauche qu’il orne

galamment. Le médecin de village arrache les dents, cela va sans dire_ et vient

sans douleur , dit-il. Ouvrez la bouche.

Quand le médecin de ville est a bout de science et que la solution le talonne,il insinue la consultation et fait mine de la subir. Cela le pose et l’épaule. Chosecurieuse du reste et instructive. On arrive, on se salue ; comment se porte ma-dame? que dites-vous de la petite actrice? et l’on làte le pouls. Les symptômes ditset reconnus : C’est un enlero-gaslritc, dit l'un; une gastro-céphalile, dit l’autre;un peri-pneumonie chronique, a mon avis. Les anti-phlogisliques feront bien; lestoniques il haute dose sont indiqués; je penche pour les laxatifs. Du reste le traite-ment adopté par monsieur est parfaitement convenable. — A charge de revanche,confrères.

Les confrères du médecin de village sont dans sa tabatière, lille tient, en moyenne,deux onces de consultations. Pour dix sous il l’emplit, tous les deux jours, de gas-trites, d’enterites, de céphalites, de duodeniles, de bronchites et les en tire en unbesoin. Tout parmi se rencontrent les émulsions, les taxations, les frictions, les réac-tions, les évacuations, les ponctions et les acu-ponctions. Sa mémoire n’csl pointchargée de ces mille nuances qui font la désolation des praticiens et la consolation deshéritiers. Pour lui tout est clair, net et simple. Si l’eslomac est malade et la tôle com-promise, il guérit l’estomac d’abord sans pour cela perdre la tête, comme il dil.Chaque chose en son temps et la méthode avant tout.

Sa méthode a lui est d’égayer son malade. On dit au village qu'il ferait rire unmort, el il en rit ; bien dilférenl de son confrère de ville, dont l’habit déteint sur la