Kit.
m
ÎC.
'^Ci/ÂijUvt J
L’ELF nu CLOCHER.
S.'
[L, a chambre des députés en compte au moins troiscents de cette trempe sur ses quatre cent cinquante-neuf membres. Trois cents Cincinnalus que le suf-frage rural a arrachés à leur charrue pour en fairedes Démoslhènes ; trois cents aigles d’arrondissementqui ont fait leur chemin par un discours de comiceagricole, ou par une brochure sur les prairies arti-ficielles. C’est l’élément le plus nombreux de lamajorité parlementaire, celle qui préfère une inva-sion de Cosaques h une invasion de bestiaux, et quisalue en germe, dans la betterave, l’émancipation des nègres.
D’ordinaire, l’élu du clocher est timide dans ses débuts, mais il lui faut peu delemps pour se procurer une éducation représentative digne de faire suite a l’édu-cation d’Achille . Quand son épouse s’est dit : « Ç.a ne peut plus se passer comme ça,il faut que nous soyons député, » notre héros se met il la besogne, et désormais,comme Guzman, il ne connaîtra plus d’obstacles, lisait les côtés faibles des lierha-Scrs, desnourrisseurs, des métayers, des laboureurs qui ornent son arrondissement,et il se présente a eux comme un homme qui comprend leurs besoins. Sur quoi l’ar-rondissement se dit en masse : « Nommons qui me comprend ; il est toujours agréabled’être compris. » Pour peu que l’élu du clocher sache en outre lever le coude à pro-pos et distribuer des poignées de main avec intelligence, il est sûr de son affaire,il sera député, il va l’être, il l’est.
Dans la première heure du succès, quelques scrupules viennent pourtant assaillirle triomphateur. Il a perdu son assurance de candidat, et il n’a pas encore acquiss on aplomb de député. C’est une situation mixte, un étal de passage; la chrysalide
)