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i. 1 : 1 . 1 ; du clocheii.
110 s’est pas encore transformée en papillon. Il doulo alors do lui-même, Il so tâte, ilse Irouve dos côtés faillies. L'honneur qu’on vient de lui conférer lui apparaît au tra-vers des nuages d’une vague responsabilité. Être député, c’est bien; mais commentl’èlre? Oïl trouver le Manuel à 50 sous du parfait député? Un député, c’est quelquechose de si monumental ! La France a les yeux sur lui, la patrie compte positivementsur son génie, l’étranger même s’en occupe. Comment suffire il tant de devoirs, àtant de gloires? Un député peut-il marcher, s’asseoir, se promener, tousser commele commun des hommes? Idées embarrassantes, scrupules inquiétants. Sans compterque, du haut de ses clochers, tout un arrondissement contemple le nouvel élu,l’homme qui comprend scs besoins !
Tant que dure cette période de découragement, notre héros est obsédé de cau-chemars étranges, de visions fatales. Il lui semble que, faute d’habitude, il va com-promettre l’équilibre du monde, ensanglanter le continent el obscurcir h fondl'horizon politique. « Si j’allais faire déchoir la France du rang qui lui appartienten Europe ! » se dil-il, et il se sent baigné de sueurs froides. Il a des rêves affreux :tantôt la question espagnole s’empare de lui et l’entraîne a travers champs commele coursier de la ballade de Lénore ; tantôt la conversion des renies l'étreint à lagorge et lui demande ce qu’il préfère du 5 1/2 ou du 4 1/2, du fonds au pair ou dufonds avec accroissement de capital. Mais c’est la question d’Orient, celte questionsi féconde en I’remiers-Paris et en victimes, qui afflige et désole le plus profon-dément l’élu du clocher. « Encore si j’y comprenais quelque chose, » se demande detemps a autre le malheureux. Il lui a fallu huit jours pour prononcer le nom de Mé-hémet-Ali, et il désespère de pouvoir jamais articuler celui d’Abdul-Medjid . Il eslvrai qu’en revanche Abd-el-Kader lui est familier et qu’il a manifesté, a diversesreprises, l’intention de châtier l’insolent marabout par son vote a la chambre. Cen’est pas tout encore : on lui a dit que la session roulerait principalement sur desobjets d’intérêt matériel, et il veut pressentir quels seront ces objets. Le chemin defer s’est saisi de sa pensée et l’entraîne dans les espaces; le canal vient le poursuivrejusque dans ses rêves, le baigner dans sa couche. Il ne dort plus que suffoqué devaine pâture ou précipité du haut d’attributions municipales. C’est une hallucinationparlementaire. Si elle durait, elle pourrait tuer son homme, mais elle dure peu.
A peine l’élu du clocher roule-t-il sur le chemin de Paris , que sa poitrine sedilate. Il se seul mieux; il brûle le pavé et les pétitions dont on l’a accablé. Lafantasmagorie se dissipe; l’élat de l’âme s’améliore, les idées s’ouvrent, l'horizons’agrandit. Notre homme a retrouvé son sang-froid ; il commence à entrevoir quepourvu qu’il demande beaucoup de chemins vicinaux pour son arrondissement, ilaura assez fait pour le bonheur de la France et le repos du monde. Ce point de vuesimplifie ses devoirs et l’accompagne jusque dans la capitale. Ses débuts y sont desplus heureux. Il s’installe bravement dans un hôtel avec sa famille, cl le lendemainva se faire inscrire h la questure. Noble fermeté, résolution louable el qui indiquebien un retour de confiance ! Cependant la sécurité de l'esprit est loin d’être com-plète, et tous les symptômes inquiétants n’ont pas disparu. Voici l’élu dans une villepleine d’embûches, au milieu des pièges d’une civilisation raffinée. Les filous en