LE DIRECTEUR D’UN THEATRE DE PROVINCE
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’est en général un type d’homme assez plaisant ;mais l’espèce ou la famille dont il fait partie offrantde nombreuses variétés, on se bornera à décrire icile directeur de troupe ambulante. — Nos principalesvilles de province, telles que Lyon, Bordeaux, Mar-seille, Rouen, Nantes , ont des spectacles sédentairesà l’année ; les autres sont formées en arrondisse-ments théâlrals numérotés comme les mairies deParis . Le ministre de l’intérieur les concède par pri-vilège, ce dontl’heureux titulaire instruit orgueilleu-sement son public par cette invariable annonce imprimée en caractères splendides aufront de son affiche : Le directeur breveté du dixième ou du trentième arrondissementthéâtral aura l'honneur, etc. Ce n’est pas de ce mortel heureux, de ce fier suzerain dontnous essaierons de vous tracer l’image, mais bien de son humble vassal, de son respec-tueux feudataire.... en un mot du directeur de la seconde troupe. Pour comprendreles tribulations sans nombre, la position toujours précaire de ce dernier, il faut savoirlue chaque arrondissement théâtral se compose d’ordinaire de la réunion de cinq âSlx v iHes de troisième et de quatrième ordre. Partout, même dans les plus petitesbourgades de la circonscription, comme terres relevant de son fief, le directeurbreveté récolte la fleur des moissons, c’est-à-dire qu’il a le droit d’y conduire sa1,0n pe aux meilleures époques de l’année : à celle du carnaval, à celle des foires.Son malheureux vassal y vient glaner ensuite,
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Damasser les épis dédaignés de scs mains.