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Province. Tome premier.
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LA FILIÆ DA I B KH UI

v Q loi qu’on puisse dire, l’antiquité avait du bon !

) Si, parmi tant d’autres inventions, les aubergesVç. étaient inconnues des anciens, c’est que chaque

maison servait d’auberge. Certes, il était doux pourTËle voyageur, arrivant, épuisé de fatigue, dans unes ville étrangère, de se voir entouré d’une foule^d’amis qu’il ne se savait pas, et qui briguaientl’honneur de l’avoir pour hôte ! On l’emmenait enü triomphe; de belles esclaves lui lavaient les pieds,•;ut* jê7£. et lui prodiguaient les parfums les plus rares. La

place d’honneur lui était réservée a table : on se fût gardé de lui demanderson nom, comme d’une grave incivilité; et quand, le lendemain, il s’éloignaitsans avoir rien dépensé, le maître du logis le reconduisait hors de la ville, et,le suivant longtemps des yeux, il lui criait encore de loin : « Merci, ô étranger,merci ! »

Eh bien! ce luxe d’hospitalité primitive, la civilisation a su le remplacer avanta-geusement par l’invention de l’auberge. L’ne auberge, c’est le foyer domestique detous les étrangers; c’est la table de tous ceux qui ont faim, le lit de tous ceux quisont las. On court aussi, parmi nous, au-devant du voyageur! on se le dispute, ons’empare de sa malle et de lui,—de sa malle surtout, lorsqu’elle est d’une dimensionrassurante?—Qu’il commande, et des esclaves lui apporteront, s’il le faut, un baincomplet; qu’il dise un mot, et les meilleurs vins, les mets les plus recherchés luiseront offerts. Maîtres et serviteurs s’empressent a sa voix, ils s’étudient a le con-lenter et à lui plaire ; ils lui sourient sans cesse, ils se montrent heureux do sa pré-

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