Band 
Province. Tome premier.
JPEG-Download
 

•-«s

i*Ü

m¥f%

wm

'mm

sjp.'-W.

m •';,'

Sssssyÿ

LE CONTKEBAN 1)1 EIL

ouvent on a cherché h diminuer la contrebande parde beaux raisonnemenls, mais sur ce point, commesur d’autres, la moralisation a échoué contre l’em-pire des instincts naturels. Impossible de déterminerl’immense majorité des consommateurs à résister hé-roïquement aux séductions du bon marché, pas plusqu’à répudier bravement l’usage des marchandisesétrangères importées par la fraude. Que voulez-vous !le monde est ainsi fait et comprend si peu un tel effortde patriotisme, que, pour y suppléer, l’état entre-tiendra longtemps encore une armée de trente mille douaniers, disposée par lignesparallèles aux frontières, et veillant nuit et jour à l’exécution des lois protectricesde l’industrie nationale. Contre celte armée luttent des hommes réunis en agréga-tions diverses, dont le but, l’intérêt, quelquefois même la passion, sont-de déjouersa surveillance pour introduire en France des marchandises prohibées ou frappéesd’un droit. Ces hommes, dont l'appréciation numérique est diflicile, rachètent ledésavantage d’avoir les lois contre eux, par une immepse audace, des ruses, desstratagèmes sans nombre, et presque toujours avec la sympathie des populations.

Telle est l’espèce contrebandière qui alimentait de héros les romans et les mélo-drames de l’empire. Dépossédée aujourd'hui de ce privilège qu’elle partageait avecd’autres excentricités également déchues, il faut, pour être vrai, la peindre maîtriséepar l’industrialisme et le macairismc modernes, et sous le joug d’une police d’assu-l'ances où la main de la chicane a passé. Il faut la montrer, dépouillée de son antique

UpiùhmWi’