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autres envois s’exécutent avec la même sécurité... Mais l’alarme est donnée... ! Cesont les douaniers qui viennent....! Un coup de fusil est tiré : les contrebandiers dis-paraissent comme une volée de pigeons effrayés. Le navire, averti par la détonation,gagne le large pour éviter la rencontre d’un garde-côte et débarquer plus loin lereste de sa cargaison.
Dans la matinée du jour suivant, une trentaine de calfals ou de pêcheurs entrenttour a tour dans un réduit communiquant au cabaret déjà mentionné : ils y reçoiventchacun 9 francs. C’est le prix de leur dernière nuit passée sur le bord de la mer.L’homme qui les paie les gourmande avec aigreur d’avoir pris la fuite devaut uneronde de cinq douaniers, puis il les congédie en leur donnant un mot d’ordre.
C’est ainsi que les smogleurs pratiquent la contrebande et qu’ils jettent en France une quantité assez considérable de marchandises anglaises. Lorsqu’ils ont complétéleur débarquement tant sur un point que sur d’autres, ils entrent sur lest dans unport français avec des lettres d’expédition de Brighton ou de l’île de Wight . Alors,comme je l’ai dit, chaque smogleur prend ses ébats, et va rendre compte de ses com-missions particulières. Au bout de trente-six heures il est tenu de revenir à bord dunavire, qui, pendant ce temps, a reçu un chargement de vin , d’eau-de-vie ou d’au-tres produits, tous frappés de droits exorbitants par les douanes britanniques, etqu’il s’agit d’introduire clandestinement en Angleterre. Le vent est favorable, onmet à la voile sans perdre une minute, et l’on se hâte de partir, alin de gagner lescôtes d’Angleterre avant l’arrivée des avis que le consul anglais ne manque pas detransmettre au moindre soupçon sur la véritable destination du bâtiment. Pat cetterapidité d’exécution, les smogleurs trouvent les gardes-côtes moins sur leurs gardeset peuvent débarquer leurs marchandises plus facilement, soit d’après le procédéindiqué ci-dessus, soit encore àl’aide de canots en forme de pi-rogues , si la disposition de lacôte ou des lieux l’exigent. Surcertains points du littoral de laFrance , ils se servent aussi deces canots, ordinairement peintsen blanc.
Pour être initié maintenant àd’autres modes de contrebande,on voudra bien me suivre des fa-laises du Pas-de-Calais dans ledépartement du Nord . Là opèrela variété flamande ou picarde qui se caractérise par le contre-bandier à cheval et le contre-bandier promeneur. Le premierest invariablement un Picard desenvirons dcDnullens, leste, vi-
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