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Province. Tome premier.
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LK CONTRKBANUIlill.

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rendent dans la maison de leur chef, presque toujours ancien corsaire ou vieuxmatelot négrier ; d’autres vont se blottir dans quelques fossés. Vers minuit sortent decelte habitation des hommes en bonnetde crin et en chemise de laine rouge, rattachéesur la poitrine par une longue épingle d’argent. L’équipement est complété par degrosses bottes qui montent jusqu’au haut de la cuisse ou se baissent à volonté au-dessous du genou. Ils ont des armes et sont porteurs d’une gourde passée en ban-doulière, dans laquelle ils puisent fréquemment un mélange de rack et d’eau-de-vie.Un énorme chien de Terre-Neuve les suit et se dirige avec eux vers le bord de la mer.Ils y sont rejoints par des paysans et des femmes des hameaux voisins, venus avecdes chevaux de somme cachés dans les creux des rochers. Tous les yeux se tournentdu côté delà mer, et, après quelques minutes d’une attente silencieuse, on parvientà distinguer comme une nuée blanchâtre qui s’agite. C’est le bâtiment contreban-dier qui court des bordées afin de s’assurer que toutes les dispositions pour le dé-barquement sont terminées et qu’il ne présente aucun danger. Le signal est donnéde terre en allumant une lanterne h réflecteur éteinte soudain. Le navire y réponden élevant a sa hune un fanal qui ne fait que briller et disparaître. Il se rapprocheensuite de la côte jusqu’à une portée de fusil. On peut alors observer qu’il est à deuxmâts, d’une forme effilée et de la dimension d’un lougre. De son côté, la troupe descontrebandiers se partage en trois pelotons : l'un sur le rivage et les deux autresplacés plus loin pour maintenir les douaniers s’ils se présentent. Les hommes deces pelotons sont espacés sur le terrain , ayant attachée au bras gauche une ficellecorrespondant de l’nn â l’autre, lin cas d’alerte, on se prévient par une secousse, etl’on fait feu si les circonstancesl’exigent. Les choses ainsi dispo-sées, le chien de Terre-Neuve,personnage qui semblait être en-tièrement passif, s’élance dansla mer au commandement etnage vers le navire. Un instantaprès, il reparaît tenant à lagueule un bout de câble. Lescontrebandiers s’en saisissentaussitôt et tirent a eux. Aprèsune trentaine de brasses, sontramenés en forme de chapeletv *ngt petits tonneaux qui arri-Ve nt entre deux eaux. Ces ton-neaux , enduits d’une matière'lui les rend imperméables, sont■mmëdiatement détachés, char-ges sur les chevaux et évacuésdans l’intérieur dps terres. Unsecond, un troisième et deux