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goureux et porteur d’épaisses moustaches, tirant, généralement vers le rouge carotte.Il a servi dans un régiment de hussards ou de chasseurs à cheval, d’où son hu-meur emportée et querelleuse l’a fait sortir par une condamnation disciplinairesubie en Afrique . Libéré du service, et rentré dans ses foyers, il s’est fatigué delàrégularité de la vie et des travaux des champs. Ses goûts d’aventures et d’agita-• ion ont prévalu, et un beau jour il est parti pour Mons avec une nouvelle con-naissance de cabaret. Depuis, coiffé d’une casquette de toile vernie, couvert d’uneblouse grise à laquelle appendent a l’intérieur sept a huit poches monstrueuses, d’unpantalon de treillis à mille raies bleues et noires, et chausse de hottes éperonnées,l’ancien hussard a trouvé un cheval sur lequel, juché entre deux ballots, il est de-venu le fléau de la littérature et de la librairie françaises. C’est lui, en effet, le misé-rable! qui introduit dans le royaume les contrefaçons de Belgique , et qui pis est,déploie dans cette œuvre de dol l’activité la plus déplorable. Plein d’audace et sou-vent armé dans ses courses, il rechercherait plutôt qu’il ne fuirait des rencontresavec les douaniers, si la crainte d’être congédié de sa bande n’était là pour le con-tenir dans une prudente attitude. Quoi qu’il en soit, ses passions picardes font tôt outard explosion, et le contrebandier équestre échappe peu à la cour d’assises. A lapremière fois, le jury, généralement compatissant envers la contrebande, l’acquitteou trouve des circonstances atténuantes ; mais à la seconde, l’évidence des faitscrève les yeux , et la meilleure volonté ne peut plus préserver le Picard d’une con-damnation sévère pour meurtre ou blessures graves. On ne connaît guère au contre-bandier à cheval d’autre penchant particulier qu’un amourimmodéré pour la Gazettedes Tribunaux, ni d’autre haine que celle des douaniers et de tous les gendarmessans exception. Rarement, aussi, manque-t-il l’occasion de les satisfaire !
On conçoit donc que les allures de ces contrebandiers tendent sans cesse à prendreun caractère de force ouverte dans leurs expéditions. Montés sur des chevaux dechoix et excellents coureurs qui ne contribuent pas peu à doubler leur outre-cuidance,un les voit braver tous les obstacles et ne point craindre de franchir lafrontièrequelque-lois en plein jour. Constamment en nombre double de celui des douaniers à cheval,créés spécialement contre eux, ils se partagent ordinairement en deux sections égalesdès qu’ils aperçoivent leurs adversaires. L’une, avec de faux ballots, s’arrête, feint derésister, fuit mollement, s’arrête encore, recommence a fuir, et attire ainsi les doua-niers, tandis que l’autre section faisant une conversion, s’éloigne de toute la vitesse deses chevaux, et va traverser impunément la ligne à un quart de lieue plus loin. A lafaveur de cette habile manœuvre, qui atteint communément son but, les contreban-diers ont déjà livré leurs contrefaçons et leurs tissus aux destinataires, lorsque lesdouaniers s’aperçoivent seulement qu’ils sont tombés dans le piège en donnant la chassea la première bande. Si la besogne presse, les hommes aux vrais ballots reviennenten Belgique quelques heures après, et passent devantles postes de douane en causant°nverlement du tour qu’ils viennent de jouer au lise.
Le contrebandier équestre est fort dispendieux pour les assureurs belges, et plu-sieurs fois il a été question de le supprimer. On lui reproche de ne prendre aucuns om de son cheval et de vendre l’avoine qu’on lui confie pour le nourrir. Outre ce
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