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Province. Tome premier.
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traitement toutefois ue laisse pas que d’olfrir quelque danger. Il y a quelquesannées, un élève chirurgien reçut un coup de couteau d’un condamné que, surl’ordre du médecin en chef, il avait saigné par force la veille. Les tigres les mieuxapprivoisés redeviennent tigres il leurs heures.

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Une salle particulière, dite des invalides, reçoit les forçats atteints de maladiesincurables ou parvenus à l’âge de soixante-dix ans.

Des paralytiques, des amputés, des aveugles, des épileptiques, des fous quele désespoir et le remords ont rendus furieux ou plongés dans le plus affreuxabrutissement, et que la mort enlève chaque jour, et quelle mort ! une mort sansprières, sans larmes, sans adieux, pleine d’épouvante, voila l’horrible tableau queprésente cette salle. Si un prêtre en passe le seuil de loin en loin, ce n’est que surla demande pressante d’un agonisant qui a peur. Dispensés de toute corvée pénible,les invalides filent, cardent, dévident; et le produit de ces menus travaux leur per-met de se procurer quelques douceurs autorisées par le reglement : du tabac, unpeu de vin, un supplément d’aliments. Ils sont mieux nourris, plus libres dans leursalle, plus humainement traités par les gardes que les forçats à la fatigue, mais ils