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Province. Tome premier.
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LE LUTTEUR.

i. est des noblesses abâtardies, des royautés deve-nues mendiantes, des statues tombées du piédestal,des arts descendus au rang de métiers. Combien decolosses puissanls qui étonnent nos yeux dans leslemps passés par leurs proportions, se sont amoindrisen traversant les époques, ainsi que les bâtons flot-tants sur l’onde ; soit qu’à la façon de Procuste , nousles ayons écourtés à la mesure de nos tailles, soit queles âges aient emporté leur physionomie peu à peu,de même que chaque instant dissipe les parfums d’unecassolette ! Qui reconnaît sous le toit de l’échoppe aux contrevents verts, dans levieillard courbé sur un bureau zébré d’encre et de coups de canif, le scribe, com-mensal des rois et des seigneurs, qui guidait la plume dans les doigts ignorants dela châtelaine, le poignard sur le parchemin dans la main rebelle du chevalier?Et le barbier-chirurgien-étuviste, ce prototype de Figaro , jadis armé du rasoir elde la lancette, gazette babiilarde du scandale, entremetteur d’intrigues, alègre elprospère, n’a-t-il pas vu son monopole envahi, morcelé, et maintenant n’en est-ilpas réduit au pial a barbe que piteux et morne il tend comme la sébille du pauvre?L’athlète et le gladiateur, que Phidias, Ctésilaos, et Agasias , ont reproduits en marbrecomme un défi de perfection à notre humanité dégénérée, façonnés dans le mouleantique, grec ou romain, peuvent-ils avoir même une copie décolorée dans lelutteuh de nos temps, court et trapu ; lourd et commun ; grossier d’allure, et qui-comme Quasimodo, fait mentir l’axiome que de l’harmonie naît la force ?

Acteurs d’une fête religieuse, les athlètes étaient, ainsi que le dit Pindare , un 1 ’réunion d’hommes libres qui venaient conquérir i’immorlalité et les couronnes