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•l’or, au bruit des trompettes, au son de la flûte, interrompus par les rapsodes quirécitaient les vers d’Homère, les poèmes d’Empédoele et les chants d’Hésiode .Duellistes pour le divertissement du peuple-roi, dans un cirque immense tendu defilets d’or, de splendides velaria; où rugissaient les lions et les panthères, où sié-geaient cent dix mille spectateurs ; l’esclave thrace, le prisonnier sarmate ou gaulois jouaient leur vie dans un drame réel et sanglant, et tombaient frappés par l’épéedu secutor, par la faux du mirmillon, par le trident du rèliaire.
Quel plus bel enjeu que la vie ? quel plus beau prix que la liberté ?
L’athlète de nos temps, triste parodiste, agent des plaisirs d’une fête patronale,lutte dans l’arène au son aigre du pipeau, aux mélodies conjointes de la grossecaisse et du galoubet, lit quelle arène? au lieu de ces immenses assises de pierrequ’on appelle le Colysée, dont la lice était parsemée de cinabre, de sable d’or,garnie de fraîches fontaines; ordinairement c’est une prairie, une aire clairseméede pierres et de paille, et le circuit est formé par des spectateurs en habit de bure.
lih bien ! chez le peuple romain étendu sur ses gradins de marbre, chez lesinnombrables témoins des jeux Olympiques, il n’y avait pas plus d’enthousiasmeet de délire que chez les spectateurs de nos jours. On s’enivre aussi bien avec le vinbleu des cabarets qu’avec le Tokai. Dans les provinces méridionales, il n’est pas dehameau misérable et indigent qui a sa volo ', ne se cotise pour avoir au moins unecouple de lutteurs. Chaque peuple a ainsi dans ses mœurs un goût dominant quidécèle son caractère, qui est le principal trait de sa physionomie. Nul n’évoque lesouvenir de l’Angleterre sans se rappeler les combats de coqs, et surtout le boxeur.Nul, en pensant à l’Italie , n’oubliera ses soprani et ses frénésies musicales. Quel estle roman espagnol qui, à part les autodafé, les sérénades et l’inquisition, n’ait étédéfrayé par les courses de taureaux, les picadors, les matamors, les banderilleros, etc. ?
Dans le Midi, le lutteur se détache comme un type spécial, fort de toute sa puis-sance et de toule sa popularité. Il y a bien la certaines inspirations émanées de ce soll'omain, où dorment à quelques pieds tant de débris. Les Arènes de Nîmes, l’am-phithéâlre d’Arles ne devaient pas rester comme un cadavre inerte; leurs échos onttrop souvent tressailli a des hurlements sauvages pour demeurer silencieux désor-uiais. C’est presque le môme peuple qui criait par les rues : panem et circenses;aussi les pierres qu’ont foulées les sandales et les bottines romaines doiventcroire qu’elles assistent toujours au meme drame, en entendant les transports et lesclameurs de cette population passionnée. Ce sont toujours ces gens au teint bronzé,aux habitudes rudes et farouches, au désir ardent ; avides d’émotions et de spec-tacles où iis puissent dépenser leur exaltation. Ne leur parlez pas du théâtre et de lalittérature ; ce n’est rien pour eux que ces catastrophes factices dont les cinq actesd’un mélodrame sont engorgés; ils méprisent ces rouages qui meuvent une ma-chine dramatique, ces dénouements prévus. Leur drame, c’est cette action réelle.c e concours d’adresse et de force, l’une si fertile en ruses, l’autre si féconde en
’ fête patronale.